Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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Les représailles allemandes

        Pendant le procès de Maurice Papon, les accusateurs publics et privés n’ont cessé de présenter une Préfecture libre de ses actions, en faisant fi de la formidable pression des Nazis. Parmi les moyens utilisés, des représailles de toutes sortes ont été exécutées, souvent en corrélation avec les pressions exercées par la voie hiérarchique. Les nazis démontraient ainsi leur force à la Préfecture et à la population. Ces représailles furent :

  • Les exécutions d’otages,
  • Les exécutions de résistants,
  • Les déportations de résistants
  • Les déportations de Français israélites
  • Les autres épreuves de la population bordelaise.

    Les exécutions d’otages sont présentées dans un document spécifique. Rappelons qu’en plus de ces représailles la population de Bordeaux dut supporter d’autres épreuves.

 Les exécutions de résistants

    Le nombre d’exécutions en Gironde s’est élevé au total de 806, dont 229 (otages inclus) au camps de Souges.

Les déportations de résistants

    Prés de 1300 résistants de Girondes furent déportés, et environ 40% n’en sont pas revenus. Les policiers chargés d’exécuter les ordres des Nazis étaient les plus surveillés par eux et par leurs collaborateurs. Ceux qui se faisaient prendre à saboter les ordres, essentiellement en prévenant les futures victimes des arrestations, étaient arrêtés et désignés comme otages.

    Le convoi le plus important de déportation de résistants vers Compiègne, qui était pour eux ce qu’était Drancy pour les juifs, eut lieu le 10 mai 1944. Plus de 800 résistants furent déportés ce jour là, et parmi eux 14 ou 15 policiers. Pierre Saufrignon, ainsi déporté à Neuengamme, a témoigné au procès de Maurice Papon. Il avait été arrêté par la Gestapo, sur la demande du commissaire Poinsot qui était un collaborationniste convaincu.

Les déportations de Français israélites

    Si les premières arrestations et déportations de juifs étrangers eurent lieu sur ordre des autorités supérieures nazies, celles du 20 décembre 1943 et du 10 janvier 1944 ont été exécutées en partie par esprit de vengeance des autorités nazies locales. Aucun ordre venant de Paris n’a été retrouvé concernant les arrestations de décembre 43, et les justifications, données à posteriori, laissèrent l’impression que les autorités supérieures avaient couvert l’échelon local qui avait exercé des représailles pour l'échec de l'arrestation du Rabbin. Les arrestations de janvier 44 ont suivi la mise en évidence que la Préfecture avait agi en fonction des informations transmises de Londres. Elle avait fait évacuer des quartiers de la ville sur l'annonce, transmise par radio, d'un bombardement de la base sous-marine, qui n'a pas eu lieu. 

Les autres épreuves de la population bordelaise

    Nous rappelons ici les épreuves dues plus à la guerre qu’aux Nazis, que la population de Bordeaux a du endurer et qui pesèrent sur la Préfecture d’une façon que ceux qui n’ont pas vécu l’époque n’imaginent souvent pas.

    Bien des jeunes ne comprennent pas que les Français ne se soient pas plus préoccupé du sort des déportés juifs. Ils oublient que ces déportations de juifs ne représentèrent même pas le vingtième du total de toutes les déportations et, qu’à l’époque, personne ne se doutait du sort funeste qui leur été réservé. Plus de 1,5 million de prisonniers de guerre, plus de 700.000 travailleurs obligatoires et plus de 140.000 résistants furent expédiés en Allemagne. On retrouve les mêmes rapports en Gironde.

    Les environs de Bordeaux produisent beaucoup de pins et de bons vins, mais cela ne permet pas de se nourrir en temps de guerre, lorsque les transports sont impossibles. Bordeaux connut de très sévères restrictions.

    Bordeaux, aussi éloigné que Berlin des bases de bombardement anglaises, resta pendant la guerre le seul port de haute mer du Reich relativement protégé. Il fut moins bombardé que Nantes ou Lorient, et fut donc utilisé pour recevoir les minerais stratégiques nécessaires à l'industrie de l'armement, pour héberger une base de sous-marins et surtout comme base de ravitaillement en mer des sous-marins opérant dans l’Atlantique. Bordeaux était à ce titre une zone interdite et particulièrement surveillée par le SD. Toutefois, le 17 mai 1943, sur un renseignement de la Résistance qui signalait une forte concentration de sous-marins, 34 Liberators du VIII ième Bomber Command lancèrent, de 22000 pieds, 342 bombes de 500 livres pour détruire les sous-marins qui étaient dans le bassin à flot donnant accès à la base de Bacalan. La porte du bassin à flot fut détruite et 4 sous-marins qui étaient dans ce bassin furent échoués et endommagés, mais les 1ier, 2e et 12e arrondissements furent sérieusement touchés, et 175 bordelais furent tués, 222 blessés, et plus de 200 immeubles détruits.

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