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Notes :
1 - Nombre de déportés au départ du train. Il diverge parfois de celui de la
liste établie au camp de Mérignac car les Nazis intégraient parfois des prisonniers
dautres lieux de détention. Le nombre de déportés arrivés à Drancy dépendait
du nombre dévadés pendant le transfert.
2 - Nombre de juifs de nationalité française. Avant novembre 1943 ils étaient
détenus pour avoir contrevenu à la loi allemande ; généralement, ils
sétaient fait prendre en tentant de passer la ligne de démarcation. Après
septembre 1943, les Allemands ne respectèrent plus les accords Bousquet Oberg et
arrêtent qui bon leur semble.
3 - Nombre total de personnes arrêtées.
4 - Nombre de personnes retenues prisonnières après lexamen contradictoire
entre les services de la Préfecture et les Nazis.
5 - Jusquà novembre 1943, les personnes étaient libérées si elles
étaient françaises. Après novembre 1943, nétaient libérées que celles qui
nétaient pas juives.
6 - Aux 140 Français adultes du convoi, il faudrait ajouter une bonne part des 57
enfants qui étaient français de parents étrangers.
7 - En fait, 14 Français furent arrêtés et 13 relâchés. Un jeune garçon
français cité dans la liste des femmes fut maintenu prisonnier.
8 - Les listes avaient été dressées par la SEC, et nont pas été
retrouvées. Le nombre de Français indiqué sur le tableau correspond à 60 % des
personnes arrêtées.
9 - Daprès Michel Bergès, le total de juifs arrêtés en Gironde serait de
641 sur une population de 6500.
Remarques :
Ce récapitulatif a été construit en prenant les informations dans
le compte rendu du procès. Il comporte certainement des erreurs, mais moins que le livre
de S. Klarsfeld. Dans certains cas, seul un ordre de grandeur est connu car on trouve des
indications du type " presque tous français ".
Les exemptions de déportation étaient souvent un simple gain de
temps si les personnes restaient internées. Par contre les libérations obtenues en
démontrant que les personnes nétaient pas juives étaient définitives. Il était
donc particulièrement important de faire rayer de la liste des juifs le plus grand nombre
de personnes, ce à quoi M. Papon et le service des affaires juives de la Préfecture se
sont employé avec détermination, souvent en luttant contre la police des questions
juives et, plus tard, la SEC. Après le 13 mai 1943, vraisemblablement à cause de la SEC
qui avait tenté de semparer du fichier, la GESTAPO contrôla elle-même le fichier,
et M. Papon en fut réduit à faire des demandes de radiation qui ne furent pas toujours
suivies deffet.
Conclusions :
Le total des personnes arrêtées dans les rafles ne représente
quune faible part du total des personnes transférées sur Drancy au départ de
Bordeaux : de 35 à 40 %. La majorité des personnes étaient arrêtées au passage de la
ligne de démarcation, dans les gares qui étaient souvent de véritables souricières ou
à cause du couvre feu.
Le pourcentage de personnes arrêtées au cours de rafles est resté
inférieur à 15 % de la population, très inférieur à la moyenne nationale,
mais
parmi elles, le taux de Français fut très supérieur au taux national et approcha les 65
%. Ce fort pourcentage est dû aux arrestations et déportations de décembre 1943 et de
janvier 1944. Serge Klarsfeld a écrit que la GESTAPO a ordonné ces arrestations à
Bordeaux parce que la Préfecture était collaborationniste. Ce fut sans doute
linverse, et ces arrestations eurent lieu parce que Bordeaux était très en retard
en matière de déportation des juifs, ce qui avait suscité la vindicte des Nazis. De
plus, en faisant évacuer les quartiers proches de la base de Bacalan, le 3 janvier, la
Préfecture avait montré qu'elle écoutait Radio Londres.
Cette constatation, et lexécution des 70 otages du 21
septembre 1942, montrèrent aux responsables de lépuration à la Libération, que
Bordeaux avait été un cas particulier. Lattitude courageuse de la Préfecture attira le
respect de ceux qui sy succédèrent alors. Maurice Papon acquit ainsi une aura
auprès de ces dirigeants et auprès dhommes politiques dorigine juive qui
soutinrent sa carrière sous la quatrième République. |