Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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Le Préfet de Police de la Seine

    Maurice Papon a été Préfet de police de la Seine à une époque éprouvante pour les Français, et beaucoup en ont reporté sur lui tous les souvenirs pénibles. Il devint ensuite le Préfet de Police emblématique du général de Gaulle et les sionistes ont reporté sur lui la vindicte qu’ils avaient à l’encontre du général.

Sa nomination

    Les circonstances de sa nomination ont été particulières. En 1958, il était Préfet régional de l’Est algérien (IGAME) quand la police de Paris fut mise à rude épreuve : affaibli à Alger, le FLN avait entrepris des attentats contre la police. Le 13 mars, une manifestation de policiers exaspérés, qui devait rester cantonnée dans la cour de la Préfecture, dégénéra et les policiers allèrent devant le Palais Bourbon conspuer les députés. Le gouvernement fut pris de panique et pensa que le préfet en place ne faisait pas le poids. Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de l’Intérieur, nomma Maurice Papon qui prit ses fonctions dès le 16 mars.

Le défenseur de la République (voir le développement)

    Les hommes politiques ne parlent généralement pas des préfets dans leurs mémoires. Maurice Papon est une exception.

    La démission de Félix Gaillard provoqua une crise ministérielle que des émeutes à Alger rendirent angoissante. Les républicains commencèrent à craindre l’Armée. Le général Massu cria " vive de Gaulle " à Alger. Le nouveau gouvernement Pflimlin, craignant un putsch des colonels, fit le décompte des forces qui pourraient  protéger la démocratie, et le Préfet de police de la Seine apparut comme l’un des derniers remparts de la République.

    Le ministre de l’Intérieur Jules Moch a écrit dans ses mémoires :

"A Paris, le Préfet de police, Papon, en poste depuis deux mois, que j'ai connu en Corse, est souriant, mais apte à prendre le vent. Il dispose de 40 C.R.S., mettant en ligne 5139 gardiens ; de 33 escadrons de garde républicaine mobile, de G.R.M., soit 2475 hommes, de 18000 policiers parisiens, dont 7000 environ utilisables pour le maintien de l'ordre. Au total 14500 hommes pour une population de 9 millions d'habitants. …… "

    Lorsque le général de Gaulle fut appelé par le Président René Coty, Jules Moch prit le parti du Général et Maurice Papon le suivit. François Mitterrand, qui était opposé au retour du Général, lui en garda une certaine rancœur.

Les premières épreuves

    En août suivant, le FLN entreprit une attaque en règle de la police parisienne, et en septembre les Parisiens virent fleurir les guérites blindées devant tous les commissariats, avec les canons de pistolets mitrailleurs qui dépassaient. Mais le plus dur se produisit lorsque la fin de la guerre d’Algérie fut en vue, après le référendum du 8 janvier 1961, qui donnait l’autorisation au gouvernement de négocier l’indépendance de l’Algérie.

La lutte contre le FLN

    Dans leur lutte contre la France, les Algériens avaient mis en veille leurs divergences mais, l’indépendance en vue, le FLN exigea d’être le seul interlocuteur pour les négociations. Devant le refus du général de Gaulle, il entreprit d’exterminer tous ses concurrents. Le général de Gaulle ne supporta pas que le FLN fit la loi à Paris et Maurice Papon eut la charge de combattre le FLN. Quand on sait ce qui se passe de nos jours en Algérie, on comprend mieux la férocité des combats menés par le FLN contre le MNA et contre la police. Les Français ne le comprirent pas à l’époque car ils avaient fait leur deuil de l’Algérie et ne s'intéressaient plus aux Algériens.

    Le paroxysme du combat contre la police fut atteint avec une manifestation de provocation organisée par le FLN, en octobre 1961, qui entraîna un déchaînement de haine de la part des policiers. La violence de la réaction de la police fut exploitée par les opposants du général, et déclencha une cabale contre Maurice Papon. Celle-ci fut soigneusement entretenue et fut encore exploitée avant et pendant son procès. Nous avons dédié des pages spécifiques à ces sujets.

La lutte contre L’OAS

    Les opposants à l’indépendance de l’Algérie, qui avaient déjà commis de nombreux crimes en Algérie, créèrent l’Organisation armée secrète, l’OAS, qui étendit son action à Paris et commit de nombreux attentats et meurtres de militaires et de fonctionnaires qui soutenaient l’action du général de Gaulle. L’OAS entrepris même, à plusieurs reprise, d’assassiner le chef de l’Etat.

    Nous ne présentons pas de texte dédié à l’OAS, car faire une synthèse sortirait de notre sujet. Les livres portant sur ce sujet sont de deux types : ceux écrits par des anciens de l’OAS, qui ne sont que des tentatives de justification de leur action, et ceux qui sont présentés comme des histoires de l’OAS, mais qui, souvent, ne sont que des inventaires de crimes et d'attentats.

    Encore de nos jours, les plus féroces adversaires de Maurice Papon sont des juifs qui ont souffert de leur expulsion d’Algérie, et qui ne lui ont pas pardonné sa détermination dans la lutte qu’il mena contre l’OAS.

Le serviteur de l’Etat

    Maurice Papon fut le quatrième Préfet de police de la Seine par ordre de longévité, derrière Lépine sous la 3 ième République, Delessert sous Louis Philippe et Dubois sous le Consulat et l’Empire. Il fut le seul à le rester dans des circonstances aussi dramatiques. Il a laissé le souvenir d’un grand serviteur de l’Etat. La création des nouveaux départements périphériques en 1964 a entraîné la disparition du poste, et son successeur, Maurice Grimaud, qui fut le dernier Préfet a avoir un poste équivalent, eut pour tache de réorganiser la police de la Seine pour l'intégrer dans la Police Générale. 

    Nous présentons cinq documents sur le Préfet de police

  • La guerre d’Algérie. Il ne s’agit que d’une présentation chronologique qui a pour objet de permettre aux jeunes lecteurs de replacer les faits dans leur contexte.
  • La lutte FLN-MNA. Ce document rappelle la fureur de cette lutte qui atteignit son paroxysme à Paris, alors que l’indépendance de l’Algérie était déjà acquise.
  • La cabale anti Papon. Ce document rappelle l’ampleur de la campagne de presse contre Papon à la suite des évènements douloureux de la fin de la guerre d’Algérie.
  • Les victimes d'octobre 1961. Il s'agit d'une analyse du bilan des décès consécutifs aux manifestations d'octobre, présenté par J. P. Brunet.
  • Jean Paul Brunet. Présentation de son livre "Police contre FLN". Rappelons que J. P. Brunet fut l'un des trois historiens admis à analyser les archives de la préfecture de police. Il avait autrefois participé à la cabale anti Papon, et l'étude des archives a été pour lui une découverte.
    Nous présentons d'autres pages qui permettent de mieux comprendre la personnalité de Maurice  Papon, sur la guerre d'Algérie et sur la cabale contre lui :