Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
Accueil    L'affaire   Qui est-il  Le Jury d'honneur Les raisons  Bordeaux   Le procès  Documents  Bibliographie  

.

 

 

Documents appelés
dans ce  texte :

Lettre à René Mayer,
d'accompagnement
du document suivant.

LE PROBLEME
TUNISIEN

Lettre d'envoi du 
document suivant

NOTE SUR LE
PROBLEME
ALGERIEN

DIRECTIVE
CONCERNANT
L'ACTION
POLITIQUE

Témoignage de 
Michel Aurillac
sur une réforme
de L'Algérie

Yves Courrière
écrit sur le sous
Préfet Belhaddad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice Papon en Afrique du Nord
(ou Maurice Papon par ses écrits)

  Après la guerre 39-45, et son poste de Préfet de Corse, la carrière de Maurice Papon fut partagée entre l'Afrique du Nord, et spécialement l'Algérie, et la Préfecture de Police. Cette page est dédiée à son action en AFN, où il fut Préfet de Constantine en 1949-1951, Secrétaire Général du Protectorat du Maroc, Conseiller technique au Secrétariat d'Etat aux affaires algériennes, puis IGAME de l'Est Algérien de Février 1956 à Mars 1958, quand il fut rappelé comme Préfet de Police

  Il avait déjà pris contact avec le monde musulman pendant la "drôle de guerre" en Syrie, où l'armée l'avait envoyé dans un service de renseignement. Il fut nommé Préfet de Constantine en novembre 1949, par Jules Moch, et fut dès lors en contact permanent avec René Mayer, qui avait été élu député de Constantine dès 1946, et Président du Conseil général. Maurice Papon acquit dès lors une réputation d'homme ouvert au monde musulman, et il s'est toujours vanté d'avoir eu sa carrière soutenue par René Mayer.

  L'étude du "fonds René Mayer"1 aux Archives Nationales permet de vérifier que Maurice Papon ne s'est pas vanté. Ce fonds permet de retrouver des notes écrites par Maurice Papon, qui montrent son état d'esprit, et des lettres d'autres amis de René Mayer qui le tenaient au courant de ce qui se passait dans son département, et qui lui donnaient leur avis sur l'action du Préfet.

  René Mayer fut Garde des Sceaux en 1950, et sa correspondance avec le parquet de la Cour d'appel d'Alger nous apprend que le développement de l'"organisation spéciale", quasi militaire2, affiliée au MTLD ─ qui se séparera du MTLD et deviendra le FLN ─ fut antérieur au soulèvement de la Toussaint 1954.

  Après le départ de Maurice Papon, L. Mazzuca, président du comité de Sétif du parti de René Mayer, dans une lettre confidentielle adressée à ce dernier, et datée du 14 novembre 1951, précise :

  "En ce qui concerne les réactions de la population à son départ… :

Dans le milieu européen, certains, surtout parmi ses collaborateurs, manifestent leur joie de son départ,  lui reprochant son excès d'autorité qu'ils ont péniblement supporté.

Ses administrés considèrent avec sympathie et reconnaissance, l'apaisement qu'il a instauré dans le Département.

Son action politique n'a soulevé aucune remarque défavorable de notre point de vue ; bien au contraire, nous reconnaissons bien volontiers que la tâche des Républicains a été favorisée dans une large mesure.

Pour l'Avenir, …j'estime en mon âme et conscience, qu'il faut à notre trop grand Département, un chef comparable au Préfet Papon.

N'oublions pas que, dans ce Pays, l'orientation politique est trop à droite et qu'il serait souhaitable que le nouveau Préfet ait des sentiments républicains qui cadrent avec les nôtres, sans être trop axés sur la gauche.

  En 1952, alors que Maurice Papon était à Paris, René Mayer lui demanda de préciser ses idées sur le problème tunisien. Nous présentons deux documents sur ce sujet : la lettre manuscrite d'envoi de Maurice Papon à René Mayer, datée du 26 décembre 1952, et la note sur " LE PROBLEME TUNISIEN" (en .pdf).

  Après avoir été Secrétaire général du Protectorat du Maroc, Maurice Papon revint à Paris au Secrétariat d'Etat aux Affaires Algériennes, alors que Maurice Bourgès-Maunoury était ministre de l'Intérieur. Le ministre demanda à Maurice Papon ses idées sur la réorganisation de l'Algérie. Nous présentons une copie de la lettre d'envoi au ministre de cette note, datée du 4 octobre 1955 (en .pdf), et une copie de cette NOTE SUR LE PROBLEME ALGERIEN. Maurice Papon ne peut pas préciser si c'est lui-même ou Bourgès-Maunoury qui  a envoyé ces copies. On sait que ces idées furent utilisées par la classe politique.

  Fin 1955, eut lieu une importante redistribution des postes de préfet. Une lettre de Pierre Charles-Dupuch, qui avait succédé à Maurice Papon et à Lecornu à la préfecture de Constantine, et qui était aussi très lié à René Mayer, écrivit qu'il pensait que Papon serait le plus apte à devenir IGAME de l'Est algérien, fonction dont Maurice Papon avait lui-même suggéré la création. A la même époque, Maurice Papon, écrivit à René Mayer qu'il retournera en Algérie parce que personne ne voulait y aller, et il conclut sur le sujet par : "Inch'Allah".

  Nous présentons une DIRECTIVE CONCERNANT L'ACTION POLITIQUE (en .pdf) de Maurice Papon, IGAME de l'Est algérien, datée du 4 septembre 1956, qui permet de saisir sa pensée de l'époque sur la conduite à tenir en Algérie.

  Le témoignage de Michel Aurillac (Maurice Papon, père de la loi cadre du 5 février 1958 ! ), apporte un éclairage sur la pensée de Maurice Papon sur une réforme de l'Algérie.

  Nous présentons, toujours pour montrer l'action de Maurice Papon, un extrait du livre de Yves Courrière,  "La guerre d'Algérie, L'heure des colonels", sur le cas du sous préfet Mahdi Belhaddad

Notes :
1 ─ Le fonds René Mayer comprend 40 cartons dont certains, portant sur l'Algérie, ne sont communiqués que sur autorisation spéciale.

2 ─ Les rapports du Parquet général de la cour d'appel d'Alger, qui couvrait toute l'Algérie, à René Mayer, garde des Sceaux, font état à la date du 13 mai 1950 de 323 prisonniers pour atteinte à l'intégrité du territoire. Au cours des enquêtes, 70 armes avaient été récupérées. La question posée au ministre était : fallait-il faire un grand procès à Alger pour assurer l'homogénéité des peines infligées, ou faire des procès indépendants dans chaque tribunal correctionnel, pour éviter d'attirer l'attention sur ce mouvement émergeant de libération de l'Algérie ? Cette deuxième solution fut choisie, et les peines infligées furent généralement de 4 à 5 ans de prison.