Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
Accueil L'affaire   Qui est-il  Le Jury d'honneur Les raisons  Bordeaux   Le procès  Documents  Bibliographie  


Lettre de Roger Landes à Maurice Papon
(extraits)

Le 12 juillet 1980

Très chers amis

        Pardonnez-moi d'avoir tardé à vous écrire. Ginette et moi avons été très touchés et heureux de votre présence à tous les deux à la sympathique réunion de Mont de Marsan.

        Je constate avec plaisir que même après 36 ans, votre amitié et fraternité sont restées aussi grande et sincères.

        J'ai relu avec attention le discours de Gaston1 et l'interview que j'ignorais. C'est dommage qu'à cette époque certains détails n'ont pu être mis au point. En 1950, Chaban avait enlevé à Léonce Dussarat la joie de ma remettre le Croix de la Légion d'Honneur car il avait exigé que ce serait lui et personne d'autre, me la remettrait à Bordeaux.

        D'autre part mes magnifiques Zoulous2 !!! auraient dû emprisonner non pas de pauvre "Commissaire de la République" mais certaines personnalités arrivées après la bataille, qui se sont attribuées sans aucun scrupule votre travail fait uniquement dans la clandestinité et mis au point à la libération sans l'assistance de l'Intelligence Service.

        Tout ceci est maintenant passé dans l'histoire. J'espère que vous trouverez le temps d'écrire vos mémoires sur la libération de Bordeaux3.

        Ginette et moi ....

Roger4

NDR :

1 - Gaston Cusin, nommé Commissaire de la République par le général De Gaulle.

2 - Il surnommait ainsi les soldats d’origine Somalienne qui gardaient le Commissaire de la République. Ils étaient très grands et cela impressionnait les résistants.

3 - En 1980 Maurice Papon était ministre du Budget. Il se préoccupait plus de l’avenir que du passé. Pendant le temps de son pourvoi en cassation, il a était interviewé par Michel Bergès, et cet interview constitue le corps de son livre " La vérité n’intéressait personne", Ed : François-Xavier de Guibert ".

4 - Roger Landes était de nationalité anglaise et était juif. Sa famille vivait en France et il était de culture française. Il dut apprendre l'anglais à son incorporation dans l'armée anglaise en 1939. Il fut officier dans la section française du SOE et fut le chef de la résistance de Bordeaux en 1944, après que Grandclément, chef de OCM, eut accepté de collaborer avec la GESTAPO.