Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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L'accord Jospin Eizenstat :
un mini-Munich

    Dans le cadre des actions du World Jew Congress, qui visaient à extorquer des fonds aux Etats accusés d'avoir profité de la persécution des juifs, des organisations juives américaines demandèrent, par une plainte collective dite "class action" à la justice américaine d'intervenir. Un juge américain, Sterling Johnson de la Cour fédérale de Brooklyn (New-York), se déclara compétent pour instruire les plaintes pour spoliation déposées par des survivants de l'Holocauste contre les banques françaises1.

    Au dîner annuel du CRIF de janvier 2001, Lionel Jospin déclara que cette prétention était incompréhensible, et qu'il entendait : "faire savoir au gouvernement américain que ces procédure judiciaires seraient non seulement inutiles mais néfastes aux processus de réparation des dommages subis par les victimes"2.

    Il faut comprendre l'inquiétude du gouvernement et des banques françaises devant la menace d'un jugement qui aurait pu porter sur des sommes considérables et que les banques auraient pu refuser de payer. Derrière ces menaces, se profilait un véritable chantage soutenu par les fonds de pensions américains gérés par  des sympathisants des théories du WJC. Un boycott de la bourse parisienne pouvait casser son décollage, qui soutenait à cette époque l'économie et la baisse du chômage. D'autre part, la désinformation sur la non indemnisation prétendue des juifs battait son plein.

    Une négociation fut alors entamée entre le gouvernement français et les instances de WJC, sous l'arbitrage du gouvernement américain. C'est le sous secrétaire américain au Trésor, Stuart Eizenstat3, qui conclut l'accord avec Lionel Jospin le 18 janvier 2001 (voir le Décret paru au JO n° 70 du 23 mars  2001). 

    Cet accord connu sous le nom d'Accord de Washington, se révéla être une véritable capitulation devant la coalitions des instances juives internationales qui se sentaient soutenues par le gouvernement américain. Penser que la communauté juive française fasse appel à une puissance étrangère pour obtenir des avantages indus du gouvernement français, fait saisir l'arrogance de cette communauté, ou du moins d'une minorité activiste qui est parfois critiquée par une bonne partie de cette communauté, mais cette dernière, craignant des accusations de trahison de la cause juive, n'ose pas intervenir.

    Cette capitulation apparaît comme un mini "Munich", puisque deux ans plus tard, la Bourse s'est effondrée avec l'éclatement de la bulle financière INTERNET.  

Notes :  1 - Brève dans Le Monde en octobre 2000. 
             2 - Xavier Ternissien, dans Le Monde du 11 janvier 2001.
             3 - Stuart Eizenstat, a été le chef des conseillers en politique intérieure de Jimmy Carter.  Il siégeait alors au conseil d'administration du National Jewish Conference Center. Il fut le principal promoteur du décret instituant le Holocaut Memorial Council. (Cf : l'Holocauste dans la vie américaine, page 306 à 309)

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