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La transmission du procès par l'INA,
Institut National de l'Audiovisuel
Mise à disposition permanente des
enregistrements du procès par l'INA
Comme nous ne cessions de le
demander ─ nous n'étions sans doute pas les seuls
─ , l'INA a mis en ligne,
en accès immédiat, la totalité des enregistrements du procès de Maurice
Papon, ce qui est un outil inégalable pour démontrer les inanités qui ont été
écrites sur ce sujet. Cette mise à disposition devra être améliorée, car
elle se présente sous le forme déjà utilisée pour la transmission jour par
jour du procès étalée du 24 mai au 12
septembre 2006, c'est à dire qu'il n'y a pas de point de reprise et qu'il est
très difficile de retrouver un passage particulier, et de le spécifier
en note d'une étude écrite. Toutefois, en suivant un processus compliqué que
nous expliquons ci-dessous, il est possible de retrouver un témoignage
particulier. Il serait utile d'améliorer la synchronisation du son sur l'image.
Accès à un enregistrement
Il n'y a pas de lien pratique sur le site
de l'INA qui permette un accès direct à ces retransmissions, et c'est par hasard
que j'en ai découvert l'existence. Il y des mots clés utilisés par les moteurs de
recherche, et une recherche sur Google de type : < "nom d'un
témoin" Papon>, peut vous fournir le lien ad
hoc, mais pas toujours.
Les adresses sont de type :
http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=papon&cle=1
Le
dernier symbole est le numéro de la journée concernée, de 1 à 95.
Dans le cas ci-dessus, il s'agit de l'ouverture du procès. Pour avoir accès à
un témoignage particulier, il faut donc connaître de numéro de la journée
d'audience du procès.
Il faut, de plus, avoir une idée de
l'heure car de nombreuses
journées débordèrent les 5 heures d'audience (on comprend que Maurice Papon,
87 ans, somnolait parfois). Mais ce qui complique la recherche est que l'heure
indiquée sur le compte rendu sténographique est l'heure vrai, et que les suspensions
d'audience n'ont pas été enregistrées, et ne sont pas prises en compte dans le chronométrage des
enregistrements.
Cette diffusion semble sponsorisée par le
journal Sud-Ouest que nous remercions.
Nous avons construit la page "Le
procès à la demande" qui est un simple tableau qui permet, en
utilisant les noms des témoins, de retrouver la journée concernée.
Le texte ci-dessous est le texte antérieur à la mise à
disposition permanente des enregistrements
Conditions de la transmission faite au
jour le jour:
Elle a eu lieu du 24 mai au 12
septembre 2006 ; les auditions d'une journée du procès étaient accessibles pendant
une journée de transmission qui avait lieu tous les jour, sauf le
dimanche et les trois jours de fête, soit 93 jours. Quand les auditions
étaient courtes ou interrompues lors du procès, le suivi sur le site de I.N.A.
était aisé, mais ce suivi était pénible pour certaines auditions très
longues, par exemple celle du mardi 31 mars 1998, quand maître Varaut a du
plaider le matin et l'après midi, car le système utilisé par l'I.N.A. rendait difficile de suspendre la transmission et de la reprendre
ensuite : il n'y avait pas de points de reprise identifiés. La qualité du son
était très bonne et celle de l'image suffisante.
La capacité du serveur, ou celle
de son accès, était assez limité, ce qui a fait que, au début du moins, il
était parfois impossible de se connecter, ou il n'était pas possible
d'acquérir la suite de la transmission. La réception a donc été fluide
pendant les grands matchs de Roland Garros ou ceux du "Mondial" de football,
mais difficile ou impossible les jours de canicule. Sur la fin, l'accès était
plus aisé car il semble qu'il y ait eu une fatigue des internautes. Ce
phénomène s'est révélé sur le Forum ouvert par le journal Sud-Ouest. Un
message que votre serviteur a envoyé le 17 juillet 2006 :
"Accrochez-vous", par lequel il incitait les internautes à suivre
l'examen des faits malgré que cela soit fastidieux, a été un des
derniers affichés sur
ce forum du journal Sud-Ouest.
Le grand intérêt de cette
transmission
La transmission sur INTERNET par
l'INA, Institut National de l'Audiovisuel, de la totalité du procès Maurice
Papon a été un événement qui a permis de mieux comprendre ce procès. On ne
le connaissait que par les articles parus en son temps et par des sources censurées,
comme le "Compte rendu sténographique" parues chez Albin Michel, et la
diffusion d'un sixième du procès, sélectionné par une équipe d'historiens très orientés,
et accompagnée de commentaires sectaires d'Anne Sinclair, pour la chaîne Histoire. Elle m'a permis d'enrichir mes critiques faites au Compte
rendu sténographique. Elle m'a également
permis de saisir à quel point la transmission de 80 heures d'audition (moins le
temps pris par les commentaires d'Anne Sinclair, par la chaîne Histoire, même
si elle avait été utile pour faire connaître les faits, ne rendait pas du
tout compte de l'entreprise d'usure de la défense provoquée par l'accusation
publique et les parties civiles, et comment c'est le rabâchage qui a été le
principal moyen utilisé pour obtenir une condamnation. C'est le 18 février
1998 que pour la dernière fois l'on parle des arrestations et déportations de
juifs, lorsque l'Avocat général Marc Robert demande à Maurice Papon de
s'expliquer sur le conflit qu'il eut avec le CGQJ au sujet des radiations du
fichier des israélites initiées par Maurice Papon ; le jury est entré en délibération
l'après midi du 1ier avril : il s'est donc écoulé 41 jours entre
la fin des audiences portant sur les faits et le délibéré. Pendant ces 41
jours, les avocats des parties civiles ont tout fait pour faire traîner les
dépositions,
en posant, chacun à son tour, des questions aux témoins qui n'avaient pour objet que de
retarder le procès.
Le "Compte rendu sténographique du procès", publié par Albin
Michel passe souvent sous silence les protestations et les conclusions présentées
par Maurice Papon, au prétexte qu'elles n'apportaient pas d'information, alors
que l'audition du procès permet de constater que les synthèses présentées
par Maurice Papon étaient parfaitement claires. De plus, le compte rendu opère
une véritable censure des dépositions favorables à Maurice Papon, pour, au
contraire, présenter celles qui lui sont défavorables.
La transmission de près de 80
heures du procès par la chaîne de TV "Histoire", privilégia les
dialogues animés car ils étaient plus susceptibles de capter l'intérêt des téléspectateurs.
Cela a fait que, si les passages choisis l'ont été relativement bien pour
faire comprendre le fond de l'affaire, le fait de gommer 5/6ieme des
auditions a fait qu'il rendait impossible de saisir combien le rabâchage à
l'infini des mêmes accusations, par les accusateurs publics et les parties
civiles, sans tenir compte de l'examen des faits qui avait déjà eu lieu,
n'avait pour objet que de faire durer le procès et de saturer complètement
des jurés. Ce rabâchage, qui ne pouvait être contredit du fait du déséquilibre
entre la défense et l'accusation pléthorique, a fini par peser terriblement
sur le verdict : comment imaginer que l'on puisse gracier un accusé à l'issu
de ce procès le plus long de l'histoire de la République ? Cela aurait été
considéré comme un désaveux total de la Justice de France, et les magistrats
ont veillé à ce que cela n'arriva pas.
La société Histoire s'était
engagée devant le tribunal de Grande Instance, soit disant dans le but de rétablir
l'équilibre, de clôturer la série
d'émission par une 41ième émission, dite
le débat, qui aurait permis aux parties
de s'exprimer, et elle a réuni un tour de table où la disproportion était
telle, entre l'accusation et la défense, que Maître Villemin a préféré ne p
as se prêter à cette parodie. Un tour de table équilibré n'aurait du comprendre que la
défense (Maître Villemin), un seul historien de ceux qui avaient fait
la sélection, et Anne
Sinclair qui avait présenté les émissions.
La seule réponse possible à ces
présentations fallacieuses du procès de Maurice Papon, le compte rendu sténographique
et les 40 émissions de la chaîne Histoire, ne peut être que le maintien en
permanence sur le site de l'I.N.A. de la totalité du procès en accessibilité
immédiate. Pour ce faire il faudrait une capacité de mémoire sur les disques
de cet institut, qui serait relativement faible, comparée aux performances
actuelles des équipements informatiques. Les fichiers devraient porter 480
heures d'enregistrement d'une qualité permise par un débit de 300 Kb/s, ou
moins si l'on sacrifie un peu l'image qui apporte peu d'information, c'est-à-dire
40 Ko/s maximum, autrement dit 144 Mo/heure. Les 480 heures mobiliseraient donc 61,12
Gigaoctets de stockage.
Actuellement le prix du gigaoctet est inférieur à 1 euro. Il faut donc
comparer 60 euros au prix du procès ou même simplement de son
enregistrement.
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