Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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mise à jour en février 2011


La transmission du procès par l'INA,
Institut National de l'Audiovisuel

Attention : cette page est devenue obsolète, parce que l'INA ne transmet plus le procès . 

La classe politique et la magistrature ont pris conscience du scandale qu'a constitué le procès de Maurice Papon et, guidées par un sentiment de honte, elles ont fait le nécessaire pour que son enregistrement  intégral ne soit plus accessible par INTERNET.

Les avocats de Maurice Papon avaient tenté de faire interdire la retransmission de passages importants du procès par la chaîne de télévision Histoire, sans y parvenir. Cette chaîne a donc diffusé 41 émissions de 2 heures qui, une fois retiré le temps de présentation par une Anne Sinclair particulièrement sectaire, représentait environ le cinquième du procès. Malgré que le choix des extraits fut fait plus pour soutenir l'intérêt du téléspectateur que pour faire connaître la vérité, j'avais remarqué que cette diffusion avait entraîné le public vers une vue de ce procès favorable à Maurice Papon. Il m'arrive de recevoir des messages très désapprobateurs de mon action, du type "votre site me révulse", mais à l'époque ils étaient tous franchement approbateurs. Il en fut de même pour la retransmission intégrale du procès sur INTERNET par l'I.N.A. 

Il est probable que la communauté juive, qui a milité pour ce procès ait lieu, après avoir exigé qu'il soit totalement enregistré "pour l'Histoire", ait perçu cet effet contraire à celui prévu qu'engendre sa diffusion. Cette communauté est alors intervenue auprès du pouvoir politique pour en faire limiter la diffusion. Il faut maintenant une autorisation spéciale qui peut demander 2 mois à obtenir et il faut se déplacer pour la consultation. Qui pourra alors contester les présentations fallacieuses des émissions de télévision ?

Ancien Texte :

Mise à disposition permanente des enregistrements  du procès par l'INA

   Comme nous ne cessions de le demander nous n'étions sans doute pas les seuls , l'INA a mis en ligne, en accès immédiat, la totalité des enregistrements du procès de Maurice Papon, ce qui est un outil inégalable pour démontrer les inanités qui ont été écrites sur ce sujet. Cette mise à disposition devra être améliorée, car elle se présente sous le forme déjà utilisée pour la transmission jour par jour du procès étalée du 24 mai au 12 septembre 2006, c'est à dire qu'il n'y a pas de point de reprise et qu'il est très difficile de retrouver un passage particulier, et de le spécifier  en note d'une étude écrite. Toutefois, en suivant un processus compliqué que nous expliquons ci-dessous, il est possible de retrouver un témoignage particulier. Il serait utile d'améliorer la synchronisation du son sur l'image.

Accès à un enregistrement

  Il n'y a pas de lien pratique sur le site de l'INA qui permette un accès direct à ces retransmissions, et c'est par hasard que j'en ai découvert l'existence. Il y des mots clés utilisés par les moteurs de recherche, et une recherche sur Google de type : < "nom d'un témoin" Papon>, peut vous fournir le lien ad hoc, mais pas toujours.

Les adresses étaient du type :

http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=papon&cle=1

Le dernier symbole étaient le numéro de la journée concernée, de 1 à 95.  Dans le cas ci-dessus, il s'agit de l'ouverture du procès. Pour avoir accès à un témoignage particulier, il faut donc connaître de numéro de la journée d'audience du procès.

 Il faut, de plus, avoir une idée de l'heure car de nombreuses journées débordèrent les 5 heures d'audience (on comprend que Maurice Papon, 87 ans, somnolait parfois). Mais ce qui complique la recherche est que l'heure indiquée sur le compte rendu sténographique est l'heure vrai, et que les suspensions d'audience n'ont pas été enregistrées, et ne sont pas prises en compte dans le chronométrage des enregistrements. 

Cette diffusion semble sponsorisée par le journal Sud-Ouest que nous remercions.

Nous avons construit la page "Le procès à la demande" qui est un simple tableau qui permet, en utilisant les noms des témoins, de retrouver la journée concernée.


Le texte ci-dessous est le texte antérieur à la mise à disposition permanente des enregistrements

Conditions de la transmission faite au jour le jour:

   Elle a eu lieu du 24 mai au 12 septembre 2006 ; les auditions d'une journée du procès étaient accessibles pendant une journée de transmission qui avait lieu tous les jour, sauf le dimanche et les trois jours de fête, soit 93 jours. Quand les auditions étaient courtes ou interrompues lors du procès, le suivi sur le site de I.N.A. était aisé, mais ce suivi était pénible pour certaines auditions très longues, par exemple celle du mardi 31 mars 1998, quand maître Varaut a du plaider le matin et l'après midi,  car le système utilisé par l'I.N.A. rendait difficile de suspendre la transmission et de la reprendre ensuite : il n'y avait pas de points de reprise identifiés. La qualité du son était très bonne et celle de l'image suffisante. 

   La capacité du serveur, ou celle de son accès, était assez limité, ce qui a fait que, au début du moins, il était parfois impossible de se connecter, ou il n'était pas possible d'acquérir la suite de la transmission. La réception a donc été fluide pendant les grands matchs de Roland Garros ou ceux du "Mondial" de football, mais difficile ou impossible les jours de canicule. Sur la fin, l'accès était plus aisé car il semble qu'il y ait eu une fatigue des internautes. Ce phénomène s'est révélé sur le Forum ouvert par le journal Sud-Ouest. Un message que votre serviteur a envoyé le 17 juillet 2006 : "Accrochez-vous", par lequel il incitait les internautes à suivre l'examen des faits malgré que cela soit  fastidieux, a été un des derniers affichés sur un forum entretenu par le journal Sud-Ouest, mais qui n'existe plus.

   Le grand intérêt de cette transmission

  La transmission sur INTERNET par l'INA, Institut National de l'Audiovisuel, de la totalité du procès Maurice Papon a été un événement qui a permis de mieux comprendre ce procès. On ne le connaissait que par les articles parus en son temps et par des sources censurées, comme le "Compte rendu sténographique" parues chez Albin Michel, et la diffusion d'un sixième du procès, sélectionné par une équipe d'historiens très orientés, et accompagnée de commentaires sectaires d'Anne Sinclair, pour la chaîne Histoire. Elle m'a permis d'enrichir mes critiques faites au Compte rendu sténographique. Elle m'a également permis de saisir à quel point la transmission de 80 heures d'audition (moins le temps pris par les commentaires d'Anne Sinclair, par la chaîne Histoire), même si elle avait été utile pour faire connaître les faits, ne rendait pas du tout compte de l'entreprise d'usure de la défense, provoquée par l'accusation publique et les parties civiles, et comment c'est le rabâchage qui a été le principal moyen utilisé pour obtenir une condamnation. C'est le 18 février 1998 que pour la dernière fois l'on parle des arrestations et déportations de juifs, lorsque l'Avocat général Marc Robert demande à Maurice Papon de s'expliquer sur le conflit qu'il eut avec le CGQJ au sujet des radiations du fichier des israélites initiées par Maurice Papon ; le jury est entré en délibération l'après midi du 1ier avril : il s'est donc écoulé 41 jours entre la fin des audiences portant sur les faits et le délibéré. Pendant ces 41 jours, les avocats des parties civiles ont tout fait pour faire traîner les dépositions en posant, chacun à son tour, des questions aux témoins qui n'avaient pour objet que de retarder le procès.

   Le "Compte rendu sténographique du procès", publié par Albin Michel passe souvent sous silence les protestations et les conclusions présentées par Maurice Papon, au prétexte qu'elles n'apportaient pas d'information, alors que l'audition du procès permet de constater que les synthèses présentées par Maurice Papon étaient parfaitement claires. De plus, le compte rendu opère une véritable censure des dépositions favorables à Maurice Papon, pour, au contraire, présenter celles qui lui sont défavorables.

   La transmission de près de 80 heures du procès par la chaîne de TV "Histoire", privilégia les dialogues animés car ils étaient plus susceptibles de capter l'intérêt des téléspectateurs. Cela a fait que, si les passages choisis l'ont été relativement bien pour faire comprendre le fond de l'affaire, le fait de gommer 5/6ieme des auditions a fait qu'il rendait impossible de saisir combien le rabâchage à l'infini des mêmes accusations, par les accusateurs publics et les parties civiles, sans tenir compte de l'examen des faits qui avait déjà eu lieu,  n'avait pour objet que de faire durer le procès et de saturer complètement des jurés. Ce rabâchage, qui ne pouvait être contredit du fait du déséquilibre entre la défense et l'accusation pléthorique, a fini par peser terriblement sur le verdict : comment imaginer que l'on puisse gracier un accusé à l'issu de ce procès le plus long de l'histoire de la République ? Cela aurait été considéré comme un désaveux total de la Justice de France, et les magistrats ont veillé à ce que cela n'arrive pas.

   La société Histoire s'était engagée devant le tribunal de Grande Instance, soit disant dans le but de rétablir l'équilibre, de clôturer  la série d'émission par une 41ième émission, dite le débat, qui aurait permis aux parties de s'exprimer, et elle a réuni un tour de table où la disproportion était telle, entre l'accusation et la défense, que Maître Villemin a préféré ne pas se prêter à cette parodie. Un tour de table équilibré n'aurait dû comprendre que la défense (Maître Villemin), un seul historien de ceux qui avaient fait la sélection, et Anne Sinclair  qui avait présenté les émissions.

   La seule réponse possible à ces présentations fallacieuses du procès de Maurice Papon, le compte rendu sténographique et les 40 émissions de la chaîne Histoire, ne peut être que le maintien en permanence sur le site de l'I.N.A. de la totalité du procès en accessibilité immédiate. Pour ce faire il faudrait une capacité de mémoire sur les disques de cet institut, qui serait relativement faible, comparée aux performances actuelles des équipements informatiques. Les fichiers devraient porter 480 heures d'enregistrement d'une qualité permise par un débit de 300 Kb/s, ou moins si l'on sacrifie un peu l'image qui apporte peu d'information, c'est-à-dire 40 Ko/s maximum, autrement dit 144 Mo/heure. Les 480 heures mobiliseraient donc 61,12 Gigaoctets de stockage. Actuellement le prix du gigaoctet est inférieur à 1 euro. Il faut donc comparer 60 euros au prix du procès ou même simplement de son enregistrement.