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Les idées reçues
Nombreuses sont les
victimes des idées reçues sur Maurice Papon, reçues des campagnes de diffamation
successives fomentées contre lui, dabord contre le Préfet de police de la Seine
pendant la guerre dAlgérie, puis contre le Ministre des finances du Gouvernement
Barre au sujet de son action à Bordeaux pendant la guerre 39-45. Un sondage IFOP
effectué un mois avant le procès a prouvé que 83 % des Français pensaient quil
était scandaleux que Maurice Papon ait été nommé Préfet de police de Paris après ce
quil avait fait à Bordeaux pendant la guerre. Lorsquil est entré dans la salle
daudience, Maurice Papon était présumé aussi coupable que le
taureau qui entre dans une arène espagnole. La campagne médiatique fut naturellement amplifiée pendant le procès
par des manifestations organisées sur le parvis du Palais de Justice par Serge Klarsfeld qui se définit lui-même comme étant avant tout un militant.
Ces idées reçues sont ressassées par ceux qui s'opposent à la réhabilitation de Maurice
Papon.
Maurice Papon a tenté de retarder son procès : faux
Cest exactement
linverse. Chacun comprendra quun procès contre un fonctionnaire en poste sous
Vichy aurait été fort préjudiciable à la majorité au pouvoir, étant donné
lengagement volontaire de François Mitterrand dans le gouvernement de Vichy et
celui de Georges Marchais dans lindustrie de guerre du Reich. Cest donc
François Mitterrand qui sest toujours personnellement opposé à la tenue du
procès comme il la clairement admis dans une émission de télévision.
Pendant l'occupation, les
fonctionnaires devaient obéir au principe de la collaboration, et tous les documents
accessibles aux autorités allemandes devaient montrer cette obéissance. Toutes les
actions contraires à ce principe étaient donc commandées oralement. Maurice Papon avait
donc tout intérêt à être jugé quand les vrais témoins étaient vivants. Il a donc
toujours demandé à être jugé rapidement. C'est lui qui a demandé à être
inculpé en janvier 1983, et ce sont ses accusateurs qui ont intrigué pour
faire casser la première instruction.
En juillet 1988, une délégation de
lAssociation " Résistance-Vérité-Souvenir ", association qui
soutenait Maurice Papon, demanda une audience au Président de
la République pour lui demander dintervenir au titre de Président du conseil de la
Magistrature. Parmi les représentants de lassociation, Gaston Cusin et Jacques
Soustelle, qui avaient été présents à Bordeaux à la Libération, insistèrent pour
que la procédure soit accélérée car, le temps passant, les témoins pouvaient
disparaître. Leur demande était prémonitoire, puisquils décédèrent avant le
procès. Le Président déclara quune procédure aussi longue était attentatoire à
la démocratie, et fit la promesse den parler au Garde des Sceaux.
Maurice Papon écrivit en 1991 au Président de la République
pour lui demander que, soit un non-lieu soit prononcé faute de charge, soit quil
soit jugé rapidement, tant que les témoins étaient encore vivants. La réponse fut la
même.
Dans ces conditions, à qui faut-il
imputer les procédures dilatoires ?
Nous présentons une chronologie détaillée de la procédure et une
analyse des raisons de l'affaire.
Il fut jugé alors que tous
ses témoins étaient décédés.
Maurice Papon a bénéficié de complicités pour cacher son action
à Bordeaux : Faux
Tous les responsables en
poste à Bordeaux, avant et après la Libération, et parfaitement au fait des
circonstances et des événements de lépoque, ont toujours considéré que Maurice
Papon avait agi courageusement en utilisant sa faible marge de manuvre pour
épargner la déportation aux juifs. Bordeaux connut une suite ininterrompue de grands
procès durant les neuf années qui suivirent la Libération. Les derniers procès furent
ceux des responsables SS à Bordeaux, Luther et Dohse, et le procès des
" malgré nous " alsaciens qui avaient participé au crime
dOradour sur Glane. Personne na jamais porté plainte contre Maurice Papon,
comme le prouve de témoignage d'un ancien Président du
tribunal militaire de Bordeaux.
Les hommes politiques qui ont soutenu
sa carrière, ont été présents à Bordeaux avant et après la Libération, comme Gaston
Cusin, Jacques Chaban Delmas, Jacques Soustelle ou Bourgès Maunoury ou bien encore
étaient des personnes qui avaient des raisons personnelles de sintéresser à son
rôle dans la persécution des juifs. Jules Moch, personnalité éminente de la gauche
avant et après la guerre quil passa dans la Résistance, et dont la sur
périt en Allemagne, fut ministre de lIntérieur en 1948 et fit nommer Maurice Papon
Chevalier de la Légion dHonneur, en 1948, pour son action pendant la
guerre. René Mayer, membre du Consistoire avant la
guerre, et qui perdit la majorité de ses amis dans les persécutions nazies, vint à
Bordeaux en septembre 1944. Il devint Président du Conseil et soutint constamment la
carrière de Maurice Papon. Il en fut de même de Pierre Mendès France qui le connaissait
depuis très longtemps.
Maurice Papon na pas était
nommé Préfet de Police de la Seine malgré son rôle à Bordeaux, mais parce que son
rôle était parfaitement connu.
Joseph Cohen,
Grand Rabbin de Bordeaux depuis 1920, était considéré comme une véritable autorité
morale. Il fut le témoin privilégié des évènements auxquels il a participé
jusquà la tentative darrestation dont il a fait lobjet en novembre
1943. Revenu à Bordeaux à la Libération, il y resta Grand Rabbin jusquen 1975, et
il a toujours été reconnaissant envers les membres de la
Préfecture pour leur action pendant la guerre. Aucun procès contre eux nétait
envisageable tant quil était vivant.
Maurice Papon ne pouvait pas ignorer les conséquences de ses signatures.
Maurice Papon ne s'est jamais prévalu d'une quelconque ignorance du sort des juifs déportés. Que ce soit lors des premières déportations, quand les Allemands cherchaient à faire accroire qu'ils expédiaient les juifs dans des camps de travail situés à l'Est pour créer un Etat juif, ou que ce soit en décembre 1943, quand les Allemands ne prenaient plus de précaution pour cacher leurs intentions, le soucis de Monsieur Papon a toujours été d'éviter au maximum la déportation des personnes. Il a toujours admis, devant le jury d'honneur en
1981 et à son procès, qu'en décembre 1943, il avait acquis, par la simple observation des évènements, la conviction que les juifs étaient envoyés vers un sort funeste. Il déclara devant le jury d'honneur, le 2 octobre 1981 : "...toutes les rafles étaient cruelles, mais celle du 23 décembre, à l’avant veille de Noël, a été particulièrement atroce. Je peux rappeler que ce qu’on appelle le réveillon de Noël, avec beaucoup de dérision en l'espèce, s’est passé chez moi en chagrin et en prière avec ma femme et ma fille."
Les campagnes médiatiques ont fini par faire croire une contre vérité évidente, qui est que les SS auraient eu besoin de la signature d'un secrétaire général pour déporter des juifs. Les SS de Bordeaux, en 1942, n'étaient pas tous antisémites, et les demandes d'exemption ou de libération présentées par Monsieur Papon ont souvent reçues une réponse favorable, alors que dans d'autres régions, les SS n'accordaient jamais de dérogation ou refusaient même à la Préfecture la possibilité d'intervenir dans les déportations, comme à Angers. Si Monsieur Papon n'avait pas
signé toutes ces notes, c'est là qu'il aurait été coupable.
Maurice Papon a récidivé en octobre 1961
Cette idée a été
ancrée dans lesprit des Français par une cabale qui a été montée contre Maurice
Papon pour attaquer le général De Gaulle de façon indirecte, alors que celui-ci avait
entrepris de mettre fin à la guerre dAlgérie. Bien sûr il y eut des Algériens
tués en Octobre 1961, mais les policiers étaient constamment attaqués, et il suffit
daller voir le monument aux victimes du devoir de la Préfecture de police de Paris
pour se rendre compte de la violence des attaques : 20 morts uniquement sur Paris
en 1961. La majorité des Algériens furent tués, non le jour de la manifestation du
17 octobre dans Paris, mais le lendemain à Nanterre ou à Colombes. Ne pas avoir
laissé l'accès aux archives avant le procès a été un véritable déni de justice.
Pour mettre les faits en
situation, on peut
effectuer une comparaison avec lantifada doctobre 2000 en Cisjordanie. Dans
les deux mois qui suivirent la provocation dAriel Sharon sur lesplanade des
mosquées, le rapport du nombre de tués israéliens à celui de jeunes Palestiniens tués
pour avoir lancé des pierres, fut de 1 à 8. Heureusement que Maurice Papon
n'avait pas la mentalité d'Ariel Sharon.
Lorsque les évènements d'octobre 1961
furent évoqués au procès, le gouvernement décida d'ouvrir l'accès aux archives, et
créa une commission, dirigée par le Conseiller d'Etat Dieudonné Mandelkern, pour en
étudier le contenu. Lorsque cette commission remit ses conclusions, le gouvernement
décida qu'elles ne seraient communiquées qu'après le verdict, tant il est vrai que la
vérité peut perturber le jury de ce type de procès.
Nous présentons une étude plus détaillée des
évènements doctobre 1961 dans ce site.
© Jacques Villette, Paris 2003
Partie : Plaidoyer Ses amis L'épuration
Préface de M. Boutbien Manifeste de M. Boutbien
J. F.
Steiner Roger A. Lhombreaud Lettre du Grand rabbin Journal
du Grand rabbin
Géné : Accueil Octobre 61 Lui même
Bibliographie
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