Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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La fondation pour la mémoire
(mise à jour le 23 octobre 2006)

     La création de cette fondation a été liée, comme le procès de Maurice Papon, à la campagne de presse visant à démontrer que la France n'avait pas indemnisé les juifs, mais surtout au chantage soutenu par la communauté juive américaine. Elle fut recommandée, sur la demande de Serge Klarsfeld, par la commission Mattéoli, soutenue par Lionel Jospin et entérinée par l'accord de Washington. L'Etat français a donc été réduit à donner des avantages financiers à une communauté sous la pression d'un Etat étranger, comme l'étaient  les protectorats au temps de la colonisation.
  

   La dotation initiale de cette fondation s'élevait à 2,4 Milliard de francs. Ce montant s'ajoutait au fonds prévu pour l'indemnisation des orphelins, (CIVS, Commission d'indemnisation des victimes des spoliations) exigé par Serge Klarsfeld, et à la dotation du fonds prévu pour l'indemnisation des comptes bancaires abandonnés. On mesure alors l'étendue de l'extorsion de fonds liée à l'affaire Papon quand on sait que le montant total des sommes non restituées après la guerre était de l'ordre de 600 millions de F (+ ou - 20%). En effet le total de la dotation pour la Fondation pour la mémoire de la Shoa, des indemnisations pour les orphelins (CIVS), et du fonds pour indemniser les comptes bancaires, atteint le montant de 3,6 milliards de francs (647 millions d'euros). Le fonds pour l'indemnisation des comptes bancaires a été une exigence des avocats américains sous la menace de poursuite devant les tribunaux américains1. Ce fonds a pour objet d'indemniser les juifs qui ne peuvent pas apporter la moindre preuve que leurs parents avaient un compte en banque : il leur suffit d'une simple déclaration. Bien sûr, alors que la France était très peu bancarisée à cette époque, même ceux dont les parents étaient d'immigration récente pensent que leurs parents avaient un compte en banque.

    A titre de comparaison, de nombreuses familles françaises avaient été ruinées par l'URSS qui avait refusé depuis 1920 d'honorer les emprunts russes. Alors que les familles n'avaient jamais reçu la moindre indemnisation pendant 80 ans, l'état français, qui avait garanti ces emprunts, s'est libéré de sa charge en indemnisant les familles sur la base de 1% la valeur réelle actualisée de ces emprunts. Cette comparaison est très partielle car elle ne tient pas compte du deuil des familles, mais elle est néanmoins assez choquante.

    La fondation s'évertue à financer toutes sortes d'actions visant à promouvoir la mémoire du drame. On a eu jusqu'à deux émissions de télévision majeures par semaine sur ce sujet pendant de nombreux mois, mais l'effet a été un effet de fatigue. Jean François Revel raconte dans ses mémoires, qu'alors qu'il était directeur de la rédaction de l'Express, lors de l'affaire Darquier de Pellequoix en 1979, Jimmy Goldsmith, propriétaire du journal, dont la famille avait été exterminée par les Nazis, lui envoya un mémorandum pour lui demander de cesser d'écrire sur l'Holocauste, au prétexte que cela le rendait antisémite.

    L'effet de toutes de ces campagnes médiatiques semble être d'inciter la communauté juive à se "ghettoïser", de l'inquiéter et de convaincre de jeunes juifs nés en France d'émigrer vers Israël. Cette émigration, qui reste faible en valeur absolue (2326 émigrés en 2002), a néanmoins doublé par rapport à 20012. Ces jeunes sont logés dans les territoires palestiniens occupés où parfois ils se font tuer3, alors que les enfants des ministres israéliens émigrent sous d'autres cieux4.

      Le Comité d'action de la Résistance a dû batailler longtemps pour obtenir la création d'une fondation pour la mémoire de la Résistance.

     L'internaute curieux doit visiter le site de cette fondation pour en apprendre l'organisation et son action : www.fondationshoah.org 

      On y apprend, en lisant le rapport financier signé de Claude-Pierre Brossolette, Inspecteur général des finances honoraire, pour l'année 2005, que cette fondation n'arrive même pas à dépenser tout cet argent. Dans ces conditions, le capital de la fondation étant placé, son montant, qui était de 393 M€ (2.578 MFrs) en fin 2003, était à fin 2005 de 469 Millons €, malgré des dépenses non négligeables5 : 13.149.954 € en 2003, 16.540.727 € en 2004, 19.540.727 € en 2005 et 22.520825 en 2006 6.

Le décret du 15 mai 2008 paru dans le J.O. du 20 mai 2008 nous apprend que le parti socialiste, compte tenu des résultats des élections législatives, et compte tenu du nombre de femmes candidates, aura droit à une subvention annuelle de l'Etat de 22.702.817 €. La Fondation pour mémoire de la Shoah a donc un budget annuel proche de celui du parti socialiste.

Notes : 1 - Cf Une justice tardive de Stuart Eisenstat, chapitre 16.
         2 - Le Monde du 7 janvier 2003, l'Editorial
         3 - Le Monde du 20 Novembre 2022, l'article d'Alexandre Garcia : Alexandre, 33 ans, né à Blanc- Mesnil,  tué à Hébron. 
         4 - Cf  Le Monde du 2 février 2002, l'article de Sylvain Cypel
         5 - Cf le rapport pour 2005, page 14/15 à droite
         6 - Cf  le rapport pour l'année 2006 page 7/28 (a été retiré du site internet)

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