Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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Note sur le rapport GOLDSTEIN
(mise à jour de mars 2007)

(Le rapport PAUL GOLDSTEIN, daté de 1983 sous le n°  W471SEC4, est  rédigé en anglais avec le titre "Profile : The KLARSFELDS and the Anti-Defamation League". (Portrait : Les Klarsfeld et l'Anti-Defamation League) –

             PAUL  GOLDSTEIN rapporte comment s'est nouée à New-York une intrigue mêlant la France au génocide perpétré par les nazis, jugés et condamnés en leur temps.

            Klarsfeld aurait récupéré l'affaire PAPON après la campagne présidentielle du Canard enchaîné, suivie d'un jury d'honneur qui avait d'ailleurs déclaré à l'unanimité qu' "il est indéniable que M. PAPON, à compter de 1943, a rendu d'importants services à la Résistance française, et que certaines initiatives courageuses, si elles avaient été décelées par les autorités allemandes, eussent certainement entraîné son arrestation et sa déportation, comme ce fut le cas malheureusement pour de nombreux fonctionnaires résistants auxquels à cette occasion le jury tient à rendre un hommage particulier".

            Après avoir cité les organisations américaines qui furent les instruments de cette action anti-française, l'agent de renseignement Paul GOLDSTEIN précise que le financement des activités de Serge et Beate Klarsfeld provient en partie de "l'Anti-Defamation League'' (A.D.L.) Dans une interview réalisée le 8 mars 1983 par l'enquêteur, Serge Klarsfeld déclare : "ma femme fait des voyages aux Etats-Unis tous les ans qui sont parrainés par l'A.D.L. Nous faisons cela pour l'argent (we do this for the money)".

            Les tournées des Klarsfeld étaient organisées par une société de conseil dénommée "Royce Carlton Inc'', dont les bureaux se trouvaient à l'époque dans le quartier général de l'A.D.L. (866 un Plaza-N.Y.). Tous les fonds versés pour ces tournées sortaient par l'intermédiaire de la "Beate Klarsfeld Foundation (315 Madison Avenue - N.Y.- Room 3303). La Fondation constituait un passage discret pour les fonds entre l'A.D.L. et les Klarsfeld. Elle était en rapport avec la "Bank of Nova Scotia'' à Montréal qui avait fait l'objet d'une enquête financière par le "Permanent Investigation Committee" du Sénat.

            A propos de "l'Affaire PAPON", le chef du "World Jewish Congrès" pour la France, Serge Cwajsenbaum a déclaré à une personne qui l'interrogeait que "le procès PAPON est nécessaire pour corriger le fait que la France n'a jamais eu de vrais procès pour crime de guerre" (sic). Il a insisté sur le fait que la France, parmi tous les pays européens, est le pays le plus dangereux pour les juifs, spécifiquement il a une tendance au "néo-poujadisme" (sic).

            On sait aujourd'hui que c'est en France avec l'Italie où les juifs traqués ont été le mieux protégés. Les chiffres le disent. M. Hilberg, l'historien le plus fiable en la matière, l'établit.

            Dans l'interview du 8 mars 1983, à la question de savoir le rôle joué par PAPON, Klarsfeld répond : "A la fin de la guerre, personne ne savait qu'il était responsable du problème des juifs. Il y avait peut-être 90 Préfets comme lui". (M. PAPON n'était pas préfet à l'époque, mais Secrétaire Général subordonné deux fois à un Préfet départemental et à un Préfet régional).

            Dans la réalité, le Préfet régional s'était réservé ces affaires comme en témoigne le document suivant transmis en mai 1943 aux autorités allemandes et figurant dans l'instruction : "le Préfet régional de Bordeaux a placé l'administration du département de la Gironde entre les mains de M. Boucoiran, Préfet délégué, tout en se réservant certaines prérogatives qu'il estime actuellement comme étant particulièrement importantes, notamment : les Affaires concernant l'occupation, les réquisitions allemandes ainsi que les affaires concernant la circulation, les carburants et les juifs." (sic).

            Question : "Il m'a été dit que PAPON aurait été blanchi par un genre de commission. Qu'en est-il ?"

            Klarsfeld : "Oui, il y a eu une commission formée d'anciens chefs de la Résistance. D'un côté ils l'ont blanchi et dit qu'il était un Résistant et ami des juifs... mais qu'il aurait dû démissionner."

            Question : "Qu'est ce qui était en jeu ? J'ai entendu dire que des membres éminents de la communauté juive, Daniel Mayer et Pierre-Bloch faisaient partie de la commission. Ne représentent-ils pas la communauté juive ?"

            Klarsfeld : "Pierre-Bloch plus que Mayer... Ils ont dit qu'il fallait contenter les "deux côtés"..."

            Pour donner un caractère irrécusable aux témoignages recueillis, Paul GOLDSTEIN chargea un journaliste professionnel enquêtant pour "l'Exécutive Intelligence Revue", Joseph Brewda, de vérifier le bien fondé de cette enquête. Il déposa après avoir prêté serment devant George Canning, Notary Public Star of New-York (n° 01.4738778 qualified in New-York County- Commission Expiren March 30. 1985).

            Le 20 décembre 1983, Joseph Brewda déclare sous serment : "J'ai été informé par Serge Klarsfeld que sa femme Beate avait reçu de fortes sommes d'argent de "l'Anti-Defamation League" du B'nai B'rith Office de New-York. Klarsfeld m'informa que l'argent de l'A.D.L. provisionnait les voyages aux Etats-Unis que sa femme entreprenait pour contacts et conférences et représentait une source importante de leurs revenus." (Klarsfeld informed me that ADL money provided to then for Beate's speaking tours in the U.S. were important sources of their incorne).

            Le rôle de "l'Anti-Defamation League'' a été confirmé par Serge Klarsfeld lui-même dans une interview eu Figaro en date du 14 avril 2001.

Mise à jour de mars 2006 :

Maurice Papon a expliqué que ce rapport lui a été transmis par Marie-Madeleine Fourcade, de même que les enregistrements des deux auditions de Maurice Papon par le jury d'Honneur. Nous n'avons pas d'informations précises sur la raison qui poussa Marie-Madeleine Fourcade a demander ces documents : le rapport de Paul Goldstein et le serment de Joseph Brewda. Maurice Papon a expliqué que Marie-Madeleine Fourcade voulait comprendre pourquoi Serge Klarsfeld ne voulait en rester à la sentence du jury d'Honneur, et qu'elle avait utilisé ses relations dans le domaine du renseignement.

Paul Golstein était un des assistants de Lyndon H. LaRouche Jr., créateur d'une organisation de renseignement : National Caucus of Labor Committees (NCLC). Lyndon LaRouche1 est une personnalité très contestée. Il semble être passé de l'extrême gauche et qualifié de "marxiste"dans les années 70, à l'extrême droite dans les années 80, et qualifié de "fasciste" dans la littérature d'Internet portant sur lui. 

Le NCLC, parfois accusé d'être antisémite, avait un département (Paul Golstein et Jeffrey Steinberg) spécialisé dans le renseignement sur les organisations juives. LaRouche se disait antisioniste et non antisémite.

Notes : 

1 - Washington Post : The Cult Controversy (aux USA, LaRouche est parfois contesté.)

LaRouche's followers were taken with his "intellectual brilliance," one ex-member said. "He had this amazing capacity to synthesize bodies of knowledge drawn from so many areas, from Beethoven and cognitive psychology to the philosophy of Descartes."

LaRouche was "eccentric and odd," a "mysterious character" who told a range of stories about his past and "stayed up for 24 hours at a stretch, talking nonstop," the ex-associate said.