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Le pourvoi en cassation de Maurice Papon est
rejeté.
Vendredi 11 juin 2004, la cour de Cassation, après avoir
entendu les requêtes des avocats de Monsieur Papon, s'est donné trois jours de
réflexion. Le soir même, on a appris que la décision du rejet du pourvoi
était prise, ce qui montre bien que la cour avait dû obtempérer aux ordres du
gouvernement. Rappelons qu'il s'agissait d'un deuxième jugement, le premier
ayant entraîné le condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits
de l'Homme.
Serge Klarsfeld a noté avec satisfaction que, contrairement à ce qui était
admis après la guerre, il est maintenant établi que au moins un fonctionnaire
a été condamné pour avoir participé au génocide. Ce qui est faux : à
Bordeaux, Lucien Dehan, antisémite notoire a été condamné à mort après la
guerre. Il admet donc que Maurice
Papon est surtout à ses yeux un bouc émissaire, concept d'origine juive qui
n'a pas était repris dans le droit français.
Michel Slitinsky a également a fait part à la télévision de sa
satisfaction de savoir Monsieur Papon définitivement condamné, comme il avait
protesté que Monsieur Papon ne doive pas mourir en prison. Rappelons que le
procès de Bordeaux a parfaitement établi que l'effet du zèle de Monsieur
Papon avait été d'épargner la déportation à sa soeur Alice Slitinsky.
Cette décision, qui ne tient pas compte de toutes les
irrégularités de l'instruction et de celles du procès, ni de la décision
contradictoire du Conseil d'Etat, marque la fin de la première phase judiciaire
de l'affaire Papon, comme la parution du livre Justice tardive de Stuart
Eizenstat marque cette fin sur le plan du contexte politique.
Les soixante ans de protection des nombreuses archives de
l'Etat sont écoulées et cela va ouvrir une deuxième phase qui va être
marquée par l'entrée en scène des historiens. Moins sujet aux pressions du
gouvernement, ils démontreront rapidement l'indigence de l'instruction qui a
conduit à la condamnation de Maurice Papon et sauront ouvrir une ouverture vers
un recours en révision de ce procès indigne de la France.
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