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Jean-Paul
Brunet
Police contre FLN, Le drame doctobre 1961.
Flammarion
Police contre FLN
Conclusion
J. P. Brunet a écrit de nombreux ouvrages sur lhistoire du
socialisme et sur la police, ces derniers étant moins orientés politiquement. La
rédaction de " Police contre FLN " lui a posé un véritable
problème. Il y indique quil milita au PSU avec Claude Bourdet, et sen
réfère également à lauteur du livre " La bataille de Paris, 17 octobre
1961 ", Jean Luc Einaudi, cité comme témoin par les parties civiles
du procès de M. Papon, comme à
un maître à penser. Comme beaucoup, J. P. Brunet a participé à la cabale anti-Papon
qui sest développée pendant près de 40 ans. Dans son livre " La police
de lombre ", paru en 1990 (Ed. du Seuil) il compara les préfets
Grimaud et Papon, sans prendre en compte des différences de situation. Il parla alors
des
ratonnades policières à grande échelle qui provoquèrent la mort d'au moins 150
manifestants du FLN. On sait quen 1968 les manifestants
nont pas tué un seul policier en région parisienne, alors que le FLN en a tué 20
en 1961, sur Paris.
Au pied du mur, ou plutôt devant les archives, il découvre que les faits ne furent
pas ce quil croyait, mais continue néanmoins d'accuser Maurice Papon avec, il est
vrai, une moindre acrimonie. Il est rigoureux dans la présentation des évènements, mais
il se trompe quand il aborde les problèmes de responsabilité, car il ne tient pas compte
dun contexte que cependant il présente bien.
Son livre est le seul qui présente une analyse documentée du drame doctobre
1961. Il est une des 3 seules personnes à avoir eu accès aux archives de la police et à
celles du Parquet de Paris. Nous sommes donc devant la nécessité dutiliser son
livre pour présenter la défense de Maurice Papon.
Nous présentons les chapitres du livre.
1. Le drame doctobre 1961, entre la mémoire et lhistoire.
Ce chapitre rappelle la cabale anti-Papon développée sur le drame doctobre, que
Jean-Paul Brunet sobstine à qualifier de " mémoire ", en
gardant maintenant ses distances. Il explique que le Conseiller dEtat Dieudonné
Mandelkern a dirigé un groupe détude de ces archives, à la demande du
gouvernement formulée lors du procès de Maurice Papon. Il expose ses démêlés avec
ladministration pour avoir accès à ces archives. Il rappelle lorganisation
de la police et fait part de ses initiatives pour recueillir des témoignages.
2. La montée en puissance du FLN
Ce chapitre est un rappel du contexte politique algérien en France. Il décrit la
lutte acharnée du FLN contre le MNA, et linstauration dun impôt patriotique
par le FLN, qui touchera même le proxénétisme, et qui constituera sa principale
ressource. En 1961, le FLN veut démontrer quil est le seul interlocuteur du
gouvernement français. Le FLN applique systématiquement la peine de mort à ceux qui
refusent de se soumettre, mais le MNA résiste avec énergie.
Du début de la guerre à mars 1962, le bilan de cette lutte sétablit à 4055
morts et 9000 blessés.
3. Le FLN, un parti totalitaire
Non content davoir une prééminence politique, le FLN veut régenter totalement
la vie des Algériens vivant en France. Il crée une justice parallèle et fait respecter
les interdits de lIslam, entraînant un nouveau degré dastreinte et un regain
de violence chez les Algériens
4. Police contre FLN
Le Général De Gaulle exige que la police française reste maître du terrain,
spécialement à Paris, et incite le gouvernement à en prendre les moyens. Ceci
déclenche une lutte particulièrement âpre entre la police du département de la Seine,
commandée par Maurice Papon, et le FLN. Ce chapitre décrit lorganisation quasi
militaire du FLN, et celle de la police. Comme il est difficile de pénétrer le milieu
algérien pour obtenir des renseignements, le gouvernement Debré crée une force de
police auxiliaire, la FPA. Elle est composée de volontaires algériens encadrés par des
officiers des SAS, et elle est forte de 150, puis 350 hommes. Ces harkis vivent en
casernes, et sont donc moins vulnérables que les policiers qui vivent à leur domicile
où il est facile de les menacer et de les attaquer. Pour des raisons dapparence et
de langue, il leur est plus facile de pénétrer le milieu algérien et de recueillir des
renseignements. Ces harkis sont dotés darmes de guerre et de postes de radio
modernes, et sont bien entraînés à les utiliser. Ils assurent des patrouilles dans les
quartiers fréquentés par les Algériens, et se révèlent particulièrement efficaces.
Ils sont suspectés dutiliser des méthodes violentes, et rapidement, sont contraints
de livrer leurs prisonniers aux commissariats de police. Le FLN réagit, et entreprend
contre eux des attaques dont certaines prennent des allures de véritables batailles
rangées. Cela fait monter la haine dun cran. Les membres de la FPA, condamnés
à mort par le FLN, sont également violents. Ils sont alors tenus pour responsables
dun certain nombre de meurtres.
Pour donner une idée de la violence du FLN, nous citons des attaques. En 1960, des
postes ou cafés tenus par la FPA sont attaqués le 11 mars, les 1er, 2 et 12
avril, les 8, 9, 19 et 25 mai, le 5 juin
Cest une véritable bataille rangée,
le 19 mai, lorsque deux commandos attaquent un poste à langle des rues Nationale et
Harvey dans le 18 ième arrondissement. Dans la nuit du 4 au 5 juin, 30 hommes
attaquent des postes de la FPA du même secteur ; au matin, coté FLN le bilan est de
9 morts, 6 blessés et 12 arrestations ; coté forces de police, il est de 8
blessés. Les forces de police récupèrent un armement important : 9
pistolets-mitrailleurs, 8 pistolets Astra-Parabellum, 5 Beretta et 26 grenades.
En septembre 1961, ces attaques redoublent et, souvent, les membres du FLN ouvrent le
feu lors des contrôles didentité. Le FLN multiplie alors les menaces directes
envers des policiers à leur domicile : 61 cas entre mars et septembre. Depuis le
début de lannée, jusquà la manifestation, sur le département de la Seine,
le bilan est à 20 policiers tués et 74 blessés.
On est bien loin des évènements de mai 1968, au cours desquels aucun
policier na été tué en région parisienne. Pourtant, lauteur sobstine à
comparer ces évènements.
5. Le malaise de la police
Ces épreuves sont très mal vécues par les policiers, dautant que les faits se
passent dans la plus parfaite indifférence des médias alors polarisés sur les
attentats, plus bruyants que meurtriers, de lOAS. Les syndicats en sont à craindre
la constitution de commandos de contre terrorisme comme ceux de lOAS à Alger.
Maurice Papon fait le tour des commissariats pour soutenir le moral de ses troupes. Un
rapport dune réunion de syndicalistes relate que lun deux a
déclaré : " Il nous a dit que, lorsquon se sentait menacé, il ne
fallait pas attendre et tirer les premiers
", et que tous les autres
syndicalistes ont déclaré que M. Papon les avait incités à rester dans la légalité.
6. Des sévices au quotidien
Ce chapitre expose la montée du racisme dans la police et ses conséquences, un
comportement devenant très violent envers tous les Nord-africains, des brimades, des
coups, et le bris des lunettes ou de la montre. Ce comportement est dénoncé par les
victimes ou par des témoins.
7. Une dérive meurtrière
En septembre et octobre 1961, la tension atteint un paroxysme, et les fusillades se
déclenchent dans des circonstances ambiguës : dans certains cas les policiers ont
été vraiment trop nerveux ; dans dautres, la volonté de tuer a été
certaine. Les policiers accusent la justice dêtre particulièrement laxiste. Il
leur apparaît comme certain que les accords de paix incluront un abandon des poursuites
judiciaires à lencontre des tueurs du FLN qui seront considérés comme des
combattants. Cela sest effectivement passé ainsi, et sur 422 condamnations à mort
prononcées par les tribunaux militaires, seules 22 ont donné lieu à exécution. Cette
certitude porte les policiers à faire justice eux même.
Sur les 308 cadavres de Nord-africains entrés à lInstitut médico-légal de
Paris durant lannée 1961, 60 ont, peut être, été dus à la mort naturelle, et de
25 à 31 ont été des homicides dus à laction de la police lors des manifestations
doctobre. Les autres homicides ont été dus à la lutte FLN-MNA..
NDR : De nombreuses informations ont été tirées de ce chapitre pour
la rédaction du document " La lutte FLN -
MNA ".
8. Vers laffrontement direct
Ce chapitre commence : " Du 2 au 4 octobre, pas moins de 24 corps
de Nord-Africains entrèrent à lIML, la quasi-totalité ayant été victimes
dhomicides..". Maurice Papon décrète alors un couvre feu considéré comme
raciste par la presse de gauche, alors quil est fait pour protéger les Algériens,
et quil savère efficace. Le nombre dattentats chute, (Ali Haroun a
admis dans son livre, que ce couvre feu avait étouffé le FLN) et le FLN prend alors
linitiative dorganiser une manifestation surprise.
9. La manifestation du 17 octobre
La police napprend que très tardivement la décision du FLN qui profite de
leffet de surprise. Il est établi que les Algériens nont pas le choix. Ils
doivent participer à la manifestation ou seront exécutés par le FLN. La manifestation
est particulièrement violente au pont de Neuilly, où les policiers, peu nombreux,
veulent interdire laccès aux Champs-Élysées. Elle est également très violente
au quartier latin où les manifestants se sont rendus en métro. Partout, les policiers se
défoulent, et " tabassent " les Algériens qui arborent le drapeau
FLN qui, pour les policiers, est celui des tueurs. Ce qui frappe les observateurs attentifs
est la discipline des manifestants qui affrontent les policiers en sachant ce qui va leur
arriver.
10. La nuit " dhorreur et de honte "
Lhypothèse de 22 à 25000 manifestants est vraisemblable. Les arrestations sont
très nombreuses, 11538 daprès la police, mais effectuées sans aucune résistance,
larrestation étant pour un Algérien, un brevet de bonne conduite aux yeux du FLN.
Cela rend sans doute les policiers encore plus enragés. Un rapport circonstancié
établit que 337 individus ont été dirigés sur les hôpitaux et que 232 ont du être
hospitalisés. Les matraques ont cassé de nombreux membres et provoqué de nombreux
traumatismes crâniens.
Ce qui a le plus choqué les témoins est que les policiers ont continué à matraquer
les Algériens dans les centres où ils étaient regroupés : les commissariats, le
Palais des sports, et le centre didentification de Vincennes. Dans certains cas, ces
brutalités furent mortelles, comme le bilan de ces journées, présenté au chapitre 13,
le confirme.
11. Les jours suivants
Le 18 octobre, la police alors prévenue, se renforce, et interdit laccès au
centre ville. Dans ces conditions, les FLN porte son effort à braver le couvre feu, et
les manifestations se déroulent de nuit à Nanterre et Colombes où se déclenchent de
véritables fusillades.
NDR : Il semble que les policiers de Colombes aient été les plus enragés si
lon fait le décompte des Algériens retrouvés dans la Seine vers Argenteuil et au
pont de Bezons.
12. Létouffement
Ce chapitre présente ce qui sest passé au centre didentification de
Vincennes, et les recherches faites sur une éventuelle disparition de nombreux
Algériens. Il reprend de nouveau les accusations de brimades à lencontre des
Algériens. Il expose longuement le comportement de la presse. J.P. Brunet analyse le
comportement de Maurice Papon face aux critiques de la presse, et ses efforts pour
minimiser les méfaits des policiers. Il note toutefois que cette attitude est due en
partie au besoin de ne pas se couper de la police, ce qui naurait fait
quenvenimer les choses.
13. Bilan de la " bataille de Paris "
Ce chapitre établit trois bilans: celui des décès dus à la police,
de 25 à 31
tués, celui des arrestations de cadres du FLN et celui des armes récupérées. Le
bilan des arrestations de cadres du FLN est très positif : 122 cadres supérieurs,
179 cadres moyens et 1090 cadres subalternes. Il faut ajouter 196 membres des groupes
armés. Les bilans des armes récupérées respectivement en octobre, novembre et
décembre sont : 4, 23 et 3 pistolets-mitrailleurs et 48, 56 et 22 pistolets
automatiques (total : 156).
Ceci explique la réduction drastique du nombre de tués en région parisienne, les 2 mois
suivants. Militairement, le FLN est traumatisé, moralement il est renforcé, car il a
démontré quil tenait bien la population.
NDR :
En comparant ces chiffres à ceux présentés à la fin du
document sur la lutte FLN-MNA, eux-mêmes repris de ce livre, qui font état de
la réduction drastique du nombre d'attentats en région parisienne en novembre
et décembre, on peut affirmer que l'action de la police a contribué à la
diminution du nombre de meurtres, malgré les actes meutriers d'une minorité de
policiers dévoyés.
Les informations présentées dans notre texte sur " Les morts
doctobre 1961", sont reprises de ce chapitre.
14. Lengrenage infernal
J. P. Brunet entreprend dévaluer la responsabilité de Maurice Papon, et il est
nettement moins catégorique que dans le corps du livre. Il se rend compte que les
policiers nont pas été incités à commettre des violences. Il prend le parti
décrire que Maurice Papon ne sest pas assez impliqué dans la surveillance de
ce qui se passait dans les centres de regroupement et lui reproche davoir
privilégié larrestation des manifestants à la simple dispersion.
NDR : Cest oublier deux faits : le premier est que les Algériens
préféraient être arrêtés pour être dédouanés vis-à-vis du FLN ; le deuxième
est que les arrestations permettaient darrêter des cadres du FLN et, surtout, de
fouiller les locaux du FLN pour récupérer les armes.
La conclusion de J. P. Brunet est que ce drame laisse aux lèvres un goût de cendre.
NDR : Cette conclusion montre que J. P. Brunet na ni vécu, ni bien étudié
cette guerre dAlgérie. Quel en est lépisode qui na pas laissé ce
goût de cendre aux lèvres ? Personne ne conteste limplication du racisme dans
le drame octobre 1961. Les événements en ancienne Yougoslavie, ont depuis montré que le
racisme est une menace permanente.
Conclusion du rédacteur de cette note
La comparaison du contenu de ce livre, avec le témoignage de Jean-Luc Einaudi du jeudi
16 octobre 1997devant la cour de Bordeaux, et avec ce quil a dit lors de sa
confrontation du mardi 21 octobre 1997, avec M. Chaix, démontre
que le témoignage de Jean-Luc Einaudi doit être considéré comme un faux témoignage.
Tout ce quont écrit ou dit Claude Bourdet, Jacques
Vergès, Pierre Vidal-Naquet,
Benjamin Stora et dautres, sur le nombre de victimes, est faux. Le gouvernement,
après avoir demandé une étude au Conseiller d'Etat Dieudonné Mandelkern, a décidé que les
résultats ne seraient communiqués quaprès le verdict, tant il est vrai que la
connaissance de la vérité risque toujours de perturber gravement le jury dun
procès politique.
Refuser de porter à la connaissance du jury des éléments pouvant contribuer à
établir la vérité est un déni de justice. Ce refus a pesé considérablement sur le
verdict, même si Maurice Papon nétait pas jugé sur ces faits. Le sondage de
lIFOP, effectué avant le procès, démontre à quel point lamalgame a été
fait entre les événements de 1942-44 à Bordeaux et ceux de 1961 à Paris.
Linfluence de cet amalgame sur un jury populaire a été considérable.
Dans la page : Début
Police contre FLN Conclusion
Voir aussi : Les victimes d'octobre 1961 La lutte FLN-MNA Les victimes de la lutte FLN-MNA
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