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Bibliographie
Le procès L'affaire
La cabale Le serviteur de
l'Etat Le génocide La
guerre Octobre 61
Le procès
Affaire Papon, la contre-enquête. Hubert de Beaufort ( Ed :
François-Xavier de Guibert)
Ce livre présente l'affaire Papon sous tous ses aspects concernant
laccusation et rétablit la vérité.
Il décrit l'organisation allemande, l'organisation française, et le
déroulement des déportations dans leur vrai contexte. C'est en lisant ce livre qu'il
faut commencer l'étude du cas Papon, car il est très complet en ce qui concerne
l'accusation portée contre Maurice Papon.
Par contre, il ne présente aucune analyse des raisons de cette
affaire, et ne dit rien sur la cabale dont Maurice Papon a été victime après les
évènements doctobre 1961.
Le procès Papon, Un journal d'audience,
Eric Conan. (Ed : Gallimard)
Ce livre présente le déroulement du procès
jour par jour en 320 pages. Il est facile à lire, et permet de comprendre pourquoi
Maurice Papon a été condamné, alors que les magistrats pensaient qu'il serait
acquitté.
Eric Conan, coauteur de "Vichy, un passé qui ne passe pas",
connaît bien le contexte de l'affaire Papon, et sait relier les méandres du procès aux
particularités de l'affaire et des instructions.
Le Procès de Maurice Papon, Compte rendu
sténographique, Albin Michel
Ce compte rendu en 2 tomes de 950 pages chacun est dun accès
ardu. Il est incomplet et l'adjectif sténographique est abusif. La justification de
loccultation de certains débats est quils ont été trop longs pour ce
quils apportaient à la manifestation de la vérité, mais, maintenant que
le procès a été retransmis en totalité par l'INA, Institut National de l'Audiovisuel,
nous pouvons affirmer qu' il
sagit dune véritable censure orientée contre Maurice Papon. Dans
la page dédiée à ce Compte rendu, nous concluons que seul le maintien permanant de
l'accès, par Internet, à tout le procès serait une solution équitable.
La vérité nintéressait
personne. Maurice Papon.
Entretiens avec Michel Bergès ; sur un procès contre la mémoire ;
Ed : François Xavier de Guibert, 1999.
Ce livre est le compte rendu dune série dentretiens
entre Maurice Papon et Michel Bergès, sur les différents aspects des événements de
Bordeaux pendant la guerre.
Débarrassé du harcèlement médiatique et des manipulations
judiciaires, Maurice Papon prend du recul pour affiner sa mémoire, reconstituer ses
souvenirs et reprendre son journal de lépoque.
Il permet de comprendre les relations entre les différents acteurs de
la Préfecture dans le drame de loccupation. Cela répond aux vraies questions
quil fallait poser et qui ne furent pas. Il sera très utile à tous ceux
qui voudront réellement comprendre ce que fut l'"Occupation"
Il est vrai que, comme le disait le président Castagnède au cour du
procès, " linterrogatoire nest pas destiné à établir une
vérité mais à permettre à la Cour de se faire une opinion ".
Jean-Marc Varaut,
Un avocat pour l'Histoire. Mémoires de Jean-Marc Varaut. Flammarion 2007.
La dernière partie : "Pour Maurice
Papon" est dédiée au procès de Maurice Papon. Sa description du procès
est très vivante. L'analyse qu'il en fait est passionnante. Sa conclusion est
que les jurés ont condamné Maurice Papon pour exorciser une honte collective,
à la quelle le nom de Maurice Papon a été attaché pour des raisons qui
n'avaient rien à voir avec la réalité.
HAUT DE PAGE
Sur laffaire
Mitterrand, Israël et les Juifs, Yves Azeroual et Yves Derai (Robert Laffont)
Ce livre permet de comprendre limportance des
organisations juives qui ont pour but de faire prévaloir les intérêts dIsraël
dans la politique française. Il décrit le revirement total de cette communauté vis à
vis de François Mitterrand lorsque celui-ci accepta la venue en France de Yasser Arafat.
Cétait le reconnaître comme interlocuteur possible des instances internationales,
en échange de la reconnaissance par celui-ci de lexistence dIsraël.
Cest à la lecture de ce livre que lon comprend le
rebondissement de laffaire Papon au moment où la communauté juive navait
plus à ménager François Mitterrand.
Vichy, Un passé qui ne passe pas, Eric Conan
et Henry Rousso. (Fayard 1994)
Eric Conan est journaliste et auteur de nombreux
livres sur la déportation des juifs. Henry Rousso est Directeur de
recherche au CNRS (Institut d'histoire du temps présent). Les auteurs prennent l'attitude
de sociologues qui se penchent sur le problème de l'incidence du passé relativement
proche sur la société, plus précisément de la mémoire que l'on veut bien en avoir.
Ils expliquent comment la France est passée d'une période où on ne parlait que des
Résistants à celle où on ne parle que des Juifs, en oubliant parfois même qu'il y
avait des nazis en France à l'époque. Ces deux auteurs, qui ont écrit d'autres livres
sur des sujets proches, ont fait évoluer leur pensée sur ces sujets à mesure qu'ils
approfondissaient leurs recherches.
Ce livre écrit en 1994, c'est à dire à une époque où il n'était
pas question de juger Maurice Papon, est assez ardu, mais vaut l'effort si lon veut
comprendre le pourquoi du procès Papon et ses dérives. Ils n'en donnent pas toutes les
raisons.
Le syndrome de Vichy, Henry Rousso, Éditions du seuil, 1990.
Cette étude analyse lincidence sur la vie politique
française des souvenirs que les Français avaient, ou voulaient bien avoir, de la
dernière guerre mondiale. Il décrit les conséquences de la véritable guerre civile
française que se livrèrent les partisans du Maréchal Pétain et ceux du Général De
Gaulle, et surtout, lexploitation politique qui a été faite de ces souvenirs. Il
est très documenté, et peut être utilisé comme base pour approfondir le sujet.
L'Industrie
de l'Holocauste, réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs,
Norman G Finkelstein.
Postface de Rony Brauman. La fabrique, 2001.
Titre original : The Holocaust Industry,
Reflections on the Exploitation of Jewish Suffering.
L'Holocauste dans la vie américaine, Peter Novick, Gallimard 2001.
Titre original : The Holocaust in American Life. 1999.
Cette étude, dont la parution a été tardive permet de mieux comprendre l'affaire Papon. Il apparaît clairement que cette affaire a été due à l'influence américaine sur la minorité activiste juive
française qui l'a montée.
Rapport général. Mission d'étude sur la spoliation des juifs de
France. ( mission Mattéoli)
.La documentation Française, 29-31 quai Voltaire 75344 Paris Cedex 07
Ce rapport prouve que si le spoliation fut
systématique, elle a été indemnisée rapidement et aussi totalement qu'il était
possible, dans des temps où la France était dans le plus extrême dénuement. Seules 5
à 10% des spoliations n'ont pas été indemnisées, car les familles avaient été
anéanties. Le rapport présente des recommandations.
Une justice tardive,
Stuart E. Eizenstat Éditions du Seuil
Spoliations et travail forcé, un bilan de la Seconde Guerre Mondiale.
Le titre pourrait être allongé .. tardive et à l'américaine.
La présentation, par le Sous Secrétaire au Trésor de l'Administration Clinton, des négociations
entre les institutions juives américaines et les banques suisses, les industriels allemands et
le gouvernement français, est du plus haut intérêt. On se rend compte que cela a été pire que ce que l'on pouvait
penser : ce ne fut que du chantage.
Le plus frappant est que l'auteur, qui s'est beaucoup investi dans la tâche d'aider à conclure les
accords, - on pourrait même dire de limiter la casse, ce qui lui valut la Légion d'Honneur -
apparaît comme un honnête homme, mais parfaitement ignorant de la réalité française.
La cabale contre Maurice Papon
Nous présentons dans un document spécialisé
la cabale anti-Papon déclenchée à la suite des événements doctobre 1961. Celle
qui sest constituée après les accusations parues dans le Canard enchaîné en 1981
a donné lieu a une myriade de livres sans intérêt. Nous ne citons donc ici que les plus
significatifs. Les " internautes " peuvent se faire une idée de
lampleur de cette cabale en
posant la question " Papon " à un moteur de recherche.
Devinez le nombre de réponses !!
Il faut noter que le livre de Serge Klarsfeld, Vichy Auschwitz, par la partialité avec
laquelle il traite les événements de Bordeaux, mériterait de figurer dans cette
rubrique, malgré la gravité du sujet quil traite.
Michel Slitinsky.
Il a écrit trois livres destinés à nourrir la diffamation à
lencontre de Maurice Papon :
Laffaire Papon , 1983 ;
Laffaire Papon repart, 1987 ;
Procès Papon, le devoir de justice, 1997.
Le procès a permis de relever de nombreuses erreurs et falsifications. Au
procès, comme on lui reprochait un faux obtenu par collage, il sest contenté de
remarquer que ce nétait pas lui qui était jugé.
Son livre "La résistance en Gironde", Cahiers de la Résistance, Bordeaux, présente des témoignages intéressants mais montre qu'en 1970 il n'avait pas étudié la déportation des Juifs. Il reprend le chiffre de 1884 juifs en Gironde du livre de J.
Billig, alors que ce chiffre est faux.
Le journal l'Express a, lors du
procès, publié un article significatif portant sur son témoignage et sur
celui de Michel Bergès : Les
deux vérités
Gérard Boulanger a écrit :
Maurice Papon : un technocrate français dans la collaboration, Ed
du Seuil, 1994.
Maurice Papon : un intrus dans la République, Ed du Seuil, 1997.
Jean-Luc
Einaudi a publié deux livres consacrés à la manifestation du 17
octobre 1961. Il est le plus cité par ceux qui veulent accabler Maurice Papon
et nous analysons ses livres en détail.
Paris
1961, Algerians,
State Terror, and Memory
De Jim House & Neil Macmaster,
Oxford
University
Press.
En français : Paris 1961, Les Algériens, la terreur d'Etat et la
mémoire, Tallandier 2008.
Ce livre atteint le summum de la désinformation. Vu de
l'étranger, le mythe de Papon source de tous les malheurs prend de l'ampleur.
Seule la partie portant sur l'organisation de la Préfecture de police et sur
l'organisation de la force de police auxiliaire est sérieuse.
Maurice Papon, serviteur de lÉtat.
Le dossier Papon, Bernard Violet. (Flammarion, 1997)
Paru avant le procès de Maurice Papon, ce livre est très inégal.
Il ne présente que peu d'intérêt en ce qui concerne le procès car il est dépassé ;
il reste intéressant par sa description de la carrière de Maurice Papon en dehors de
l'occupation. Il montre bien que Maurice Papon ne finit pas sa carrière comme Préfet de
Police de la Seine malgré son passé à Bordeaux, mais bien que ce fut justement à cause
de ce passé. Toutes les promotions et décorations de Maurice Papon furent le fait
dhommes politiques qui étaient israélites et résistants, comme Jules Moch et
René Mayer ou qui étaient à Bordeaux à la fin la guerre et pendant les procès de la
collaboration, comme Gaston Cusin, Jacques Soustelle et Maurice Bourgès-Maunoury qui le
nomma Préfet de Police en mars 1958.
Les chevaux du pouvoir, le Préfet de police ouvre ses dossiers
Maurice Papon. (Plon 1988).
La lecture de ce livre fait comprendre que Maurice Papon est un
homme qui dit la vérité. Le contenu de ce livre fut mis en doute à sa parution.
Maintenant que les archives de la Préfecture de Police sont accessibles, il apparaît que
Maurice Papon a écrit la vérité sur les événements doctobre 1961.
Le Gaullisme ou la loi de leffort.
Maurice Papon, Flammarion 1973
Cet ouvrage est la profession de foi politique de Maurice Papon pour
son entrée en politique. Ses idées étaient très proches de celles de Jacques Chaban-Delmas dont il soutint la candidature contre celle de Jacques Chirac, au sein du parti
UDR, aux présidentielles de 1974.
Pour Maurice Papon, la politique est une action pour un idéal à
travers les réalités.
Le livre comporte deux parties :
La première partie est une tentative de répondre à la
question : peut-on définir une doctrine gaulliste alors que celui ci a disparu. Sa
réponse est oui, et cette doctrine est basée sur la foi en lhomme. Il relève deux
thèmes dapplications : la participation, philosophie humaniste, et la
concertation, principe dorganisation sociale. Ce qu'il a écrit sur la concertation
fait penser aux idées de Michel Rocard.
La deuxième partie est lapplication assez pragmatique de la
doctrine aux actions à entreprendre, comme la réforme de ladministration, la
décentralisation, la croissance économique et les transferts sociaux.
HAUT DE PAGE
La déportation et le génocide des juifs.
La déportation des Juifs en France et dans les
autres pays de l'Ouest, présentée par la France à Nuremberg. Editions du
centre, Paris 1947.
C'est certainement le livre le plus clair sur le sujet. Il
présente aussi l'avantage d'être écrit en bon français. On y apprend que,
pour le procès de Nuremberg, l'accusation disposait déjà de la quasi
totalité des documents qui étaient au Centre de Documentation Juive
Contemporaine et d'autres documents allemands saisis par l'armée américaine.
L'accusation ne connaissait pas la réunion de Wannsee, mais en avait
parfaitement reconstitué
les conclusions en étudiant le déroulement des déportations.
La destruction des Juifs d'Europe,
Raul Hilberg (Fayard, 1988)
Ce livre est très dur à lire car il explique comment 6,5
millions de juifs ont été assassinés. Le début est dédié à l'organisation des
commandos qui massacrèrent 2,5 millions de juifs sur place, en Pologne et en URSS. La
suite est dédiée à l'organisation des camps d'extermination et au transport des juifs
du reste de l'Europe.
Hilberg est un véritable historien américain d'origine
juive autrichienne, qui a utilisé les archives de lorganisation centrale allemande
en charge de lextermination des juifs, alors que S.K. a surtout basé sur les
archives françaises et celle du RSHA en France.
Cinquante pages portent sur ce qui s'est passé en France.
Cette édition est la 4ième édition.
Hilberg a publié un autre livre : La politique de la mémoire,
Gallimard 1996. Le titre américain : "Experiences of a Holocaust Researcher"
est plus significatif du contenu du livre. Ce livre est une autobiographie qui relate
surtout comment il a entrepris son étude et les contestations qu'elle a soulevées.
Arrivé à New York avec ses parents en septembre 1939, à l'age de 13 ans, il retourne en
Allemagne comme combattant dans l'Armée américaine en avril 1945. En 1948, il entreprend
une thèse sur l'holocauste. En 1952, intégré dans une équipe d'étude " War
Documentation Project ", il découvre dans le centre de documentation d'Alexandria en
Virginie, un stock important de documents nazis concernant l'organisation de l'holocauste,
ramenés d'Allemagne par l'Armée américaine.
Le Commissariat Général aux Questions Juives
(CGQJ)
.
Contrairement à la règle qui veut que les archives des ministères restent confidentielles 60 ans, aucun ministère n'ayant repris celles du CGQJ après sa dissolution en 1944, elles furent déposées aux Archives nationales et rendues accessibles aux chercheurs. Joseph
Billig, fut l'un des premiers à les dépouiller, et son étude reste un grand classique même si elle porte quelques erreurs.
Vichy Auschwitz, Serge Klarsfeld (Fayard, 1983).
Deux tomes, (544 et 410 pages).
Ce livre a la prétention d'être le livre de référence de la
déportation des Juifs sous le régime de Vichy. Il est utile car il présente les
documents échangés entre les autorités françaises et allemandes. S. Klarsfeld
entreprend de démontrer la totale responsabilité de Vichy et celle de Maurice Papon avec
une partialité que nous démontrons dans notre site. Pour ce faire, il procède par
falsification dans la présentation des documents et par des interprétations fausses.
Lauteur nest pas un historien mais un agent d'influence.
Pour bien comprendre le déroulement des opérations, il est
préférable de lire au préalable les 50 pages du livre de Raul Hilberg, dédiées à la
déportation des juifs résidant en France.
Serge Klarsfeld a fait publier en 1979 un livre " Le
livre des otages, la politique des otages menée par les autorités allemande
dOccupation en France de 1941à 1943 ". Des listes dotages, des
fiches individuelles dotages et la reproduction de documents allemands tiennent une
place majeure dans ce livre où le texte de Serge Klarsfeld est réduit. Cependant il
arrive à soutenir que cest par hasard quil y a eu 70 otages exécutés à
Bordeaux, et 46 à Paris, le 21 septembre 1942, à la suite dune série
dattentats contre les forces dOccupation en région parisienne. Il y avait des
"fusillables" à foison à Bordeaux, alors que les ressources étaient trop
faibles à Paris.
Voir les pages : Les otages et Les Klarsfeld et Maurice Papon
Note sur Serge
Klarsfeld (Source :
Vie et mort des juifs sous l'occupation, pages 198- 200) :
Il est né à Bucarest. Ses parents, dun milieu aisé, se sont
connus en France où ils étudiaient. La famille réfugiée en France, son père combat
dans larmée française. Démobilisé, il bénéficie de laide de Vichy en
tant que Roumain et ancien combattant. Puis la famille se réfugie en zone italienne. A la
capitulation de lItalie, son père est arrêté par les Allemands, et périt à
Auschwitz. La guerre finie, la famille retourne en Roumanie. La prise de pouvoir par les
communistes contraint la famille à se réfugier une deuxième fois en France.
Remarque : On sait comment Serge Klarsfeld a remercié la France de lui avoir, par
deux fois, donné refuge.
Partout où ils seront, Beate Klarsfeld, Edition
spéciale 1972
Beate Klarsfeld s'est rendue célèbre en giflant
en public le chancelier d'Allemagne Fédérale Kiesinger le 7 novembre 1968, pendant la
campagne électorale pour le renouvellement du Bundestag, comme elle l'avait
promis devant des étudiants allemands. Évidement elle fut poursuivie en
justice, et elle comprit que sa meilleure défense était d'attaquer les
anciens nazis. Ainsi, et cela est particulièrement utile pour étudier
l'affaire Papon, elle retrouva ceux qui s'étaient acharnés sur les juifs en
France, particulièrement Kurt Lischka qui avait commandé les rafles à Paris
et Herbert Hagen qui avait organisé les rafles et les déportations au départ
de Bordeaux, avant même que Maurice Papon arrive à Bordeaux. A la
réorganisation de l'occupation, lors de l'arrivée du général Oberg à Paris, Herbert
Hagen fut nommé chef d'état-major de Oberg, et à ce titre il eut, entre
autres taches, à organiser les exécutions d'otages (voir le "livre des
otages" de Serge).
Alors que Serge, qui ne parlait pas allemand, a
basé ses livres sur les archives françaises, Beate a beaucoup étudié les
archives allemandes, dont celles personnelles de Hagen qui dormaient au Centre
de documentations juives contemporaines. Ainsi, dans son chapitre consacré à
Hagen, elle présente la personnalité de Hagen et son antisémitisme viscéral
-- la correspondance privée entre Herbert et son cher Adolf (Eichmann) est édifiante --
mais elle présente aussi toutes les notes internes à la SS, afférentes à la
décision d'imposer le port de l'étoile jaune, et en ce qui concerne Bordeaux, les
notes qui montrent l'acharnement de Hagen dans l'organisation des convois de
déportation de juifs au départ de
Bordeaux, où il était en poste avant l'arrivée de Maurice Papon.
La première édition de ce livre est de 1972,
soit 25 ans avant que ne commence le procès de Maurice Papon, et au procès, on
n'a pas présenté toutes ces notes sur l'organisation des déportations.
Question : Tout ce qu'a fait Beate Klarsfeld a
permis de faire condamner Hagen à 12 ans de prison, et Maurice Papon, qui a cherché à épargner la déportation à des juifs quand il le pouvait,
a été condamné à 10 ans de réclusion. Que peut-elle penser de ce résultat
?
Vie et mort des juifs sous loccupation, Myriam Foss et Lucïen Steinberg
(Plon, 1996)
Ce livre comporte une série de témoignages particulièrement
émouvants. Il permet de comprendre la fragilité des personnes qui ont enduré ces
souffrances et la facilité quil y avait de les exploiter. Lucien Steinberg rappelle
ses interviews dHelmut Knochen et de René Bousquet, effectués à la fin des
années 60, et constate avec tristesse quils nétaient antisémites ni
lun ni lautre, mais que les évènements les ont conduit à participer à la
déportation des juifs.
On apprend quel fut le sort de juifs devenus célèbres.
Note : On remarque que très peu ont été victimes de
dénonciations, contrairement à une idée répandue actuellement chez les jeunes, et
quand ils le furent, ce fut surtout en tant que Résistants. Le premier acte de
résistance pour les Français israélites, était de ne pas se faire recenser.
La
seconde guerre mondiale en Gironde par les textes.
Archives départementales de la Gironde/ le festin 2006.
Ce recueil est une sélection de textes tirés des archives départementales
de la Gironde. Il privilégie les archives peu connues, et ne peut éviter d'en
citer quelques unes portant sur l'affaire Papon, sans qu'il soit fait allusion
au procès
Journal d'un Rabbin, extraits, Rabbin Joseph Cohen, 1967,
Imprimerie Mazarine, Paris.
Ce petit livre est un peu décevant en ce qui concerne notre sujet,
car il n'est pas à proprement parler un journal. Il ne comporte que peu
d'informations sur les événements de Bordeaux, mais celles-ci sont très
significatives.
Sur la guerre 1939-1945
La GESTAPO en France. Deux numéros spéciaux, N° 26 et N° 27, de 1972 de la
revue Historia.
Un article porte sur la résistance à Bordeaux, et sur le drame que
fut laffaire Grandclément, qui trahit et livra de nombreux résistants et surtout
beaucoup de dépôts darmes parachutées par le SOE anglais. Grandclément fut
exécuté en juillet 1944 sur ordre de Roger Landes, officier du SOE, qui avait monté un
réseau de résistance resté sous son commandement direct.
Un autre article présente une interview par Lucien Steinberg, de
Helmut Knochen, chef du SD, et donc de la GESTAPO à Paris, et responsable de la section
IV J, en charge de la déportation des Juifs. On y apprend que ce Knochen nétait
pas antisémite et quil nagissait que sur ordre express de Hitler.
Note : Il est certain quil a contribué à réduire de
nombre de déportés, car il ne comprenait pas lintérêt pour lAllemagne de
ces déportations. Colonel, il fut ramené au rang de 2iéme classe après
lattentat contre Hitler du 20 juillet 1944, pour son manque denthousiasme dans
la répression. Eberhard Jäkel confirme ces informations en partant de sources
différentes.
La France de Vichy, Robert O. Paxton
Ce livre est certainement un de ceux qui présentent le mieux ce que
fut la "Révolution Nationale". Paxton pose la question de la marge de
manuvre du gouvernement de Vichy, et lors de la parution de son livre en 1973, il
surprit les historiens français par ses prises de position. Il expose que Vichy a
anticipé les demandes des Allemands dans de nombreux cas.
Son témoignage au procès de Maurice Papon jette un éclairage sur son
livre et montre lineptie de ses affirmations. Il na pas étudié
loccupation de la France sur le plan militaire ni sur le plan de la pression
exercée par les polices allemandes sur le gouvernement de Vichy.
Nous avons dédié une page à lanalyse de sa déposition au procès.
Le jeu américain à Vichy, William L. Lange
Ce livre a été écrit juste après la guerre pour justifier la politique des
États-Unis pendant celle-ci, en particulier son soutien de Vichy puis du général
Giraud. Il permet de comprendre que les USA ont été le seul État étranger à aider la
France dans son si grand malheur. Vichy ne pouvait rien refuser aux USA. Ce soutien de
Vichy permit aux USA de préparer le débarquement de novembre 1942 en Algérie. Beaucoup
dinformations proviennent des comptes rendus de lAmiral Leahy, ambassadeur des
USA auprès de Vichy. L'amiral Leahy était très bien reçu, et était particulièrement
bon observateur des réalités de lépoque. Il rendit compte que Darlan était un
anglophobe forcené, persuadé que lAllemagne gagnerait la guerre.
La France dans lEurope de Hitler, Eberhard
Jäkel.
Jäkel est un jeune chercheur allemand qui a mené son étude à partir des documents
échangés entre Vichy et le régime Nazi. Son livre montre que lespoir du régime
de Vichy était dobtenir de Hitler un véritable traité de Paix, comme Thiers en
avait obtenu un de Bismarck, quitte à incorporer la France dans une Europe dominée par
lAllemagne. Toutes les initiatives de Vichy avaient pour objet de convaincre Hitler
de sa bonne volonté1. Si Bismarck avait été heureux de finir la guerre en
1871 en retirant dénormes avantages territoriaux et financiers, Hitler, qui
haïssait la France de façon viscérale, et qui était obligé de continuer la guerre,
nentendait nullement accorder la paix à la France. Hitler considérait la France
uniquement comme une réserve inépuisable de matériels, de ressources financières et de
travailleurs.
Les Nazis avaient pour objectif de faire entrer la France en guerre contre
lAngleterre, et furent toujours déçus.
Jäckel apporte certainement de nombreuses informations utiles à la compréhension de
la collaboration, mais, comme Paxton sur un autre point de vue, en se basant uniquement
sur des archives trop spécialisées, il présente une vision biaisée de la Guerre en
France. Il insiste sur la réduction du nombre dotages exécutés après
larrivée dOberg, ce qui est vrai si lon considère que lon passe
de 50 otages fusillés par officier allemand tué en octobre 1941, à 2 pour chaque
Allemand tué ou blessé en septembre 1942. Mais les archives détat-major ne citent
pas les exécutions massives de résistants prisonniers durant les derniers mois de la
guerre, car elles étaient dinitiatives locales. Cest un commandant du
régiment Der Führer, le SS-Strumbannfürer Dickmann, qui a pris linitiative du
massacre dOradour-sur-Glane.
Notes : 1 - Avec le temps, certains partisans du Maréchal Pétain
prirent conscience que cette attitude conduisait ce Gouvernement à prendre des décisions
contraires à lhonneur de la France, ce fut la fin des illusions. Dautres, au contraire, abondèrent dans
le sens de la collaboration par antisémitisme ou, et surtout, par anticommunisme.
Histoire de lépuration, Robert Aron
Ce livre montre que lépuration après la guerre a été violente,
contrairement à la volonté du général De Gaulle. Sur 1594 demandes en grâce de la
peine de mort, le Général accorda 998 conversions en condamnation à la prison, et cela
à la grande colère du parti communiste. Son successeur, Félix Gouin, accorda 177
grâces pour 297 condamnations à mort (il était moins enclin à la clémence
que le Général, et Paul Henri Teitgen, Garde des Sceaux lui présenta sa
démission pour le décider à la clémence), et George Bidault accorda 35 grâces pour 59
condamnations à mort. La description de lambiance à la prison de Fresnes lors des
exécutions est poignante. Lépuration contre les profiteurs de la guerre et de
loccupation fut sans faiblesse.
Note : De très nombreux auteurs ont écrit des " histoires de la
deuxième guerre mondiale " ou des " histoires de Vichy ".
Les plus notables sont L'Histoire de Vichy de Robert Aron et "La
grande histoire des Français sous l'occupation" de Henri Amouroux.
L'épuration française, Peter Novick, éd. Balland 1985
Titre original : The resistance versus Vichy : The Purge of Collaborators in
Liberated France. Chatto and Windus, London 1968.
Cette étude présente une bonne synthèse de
l'épuration. Après avoir rappelé le déroulement de la guerre et les aspects
de la guerre civile entre Français, elle présente les aspects politiques de
l'épuration. Les statistiques qu'elle présente sont certainement les mieux
documentées existantes. Elle présente des comparaisons intéressantes avec les
autres pays d'Europe de l'Ouest occupés.
Missions spéciales, E. H.
Cookridge, Arthème Fayard 1966.
Ce livre comporte deux parties : la première est
" Francis Commaerts et lépopée du Vercors " et la deuxième
est " Roger Landes et la libération de Bordeaux ", qui nous
intéresse plus particulièrement.
Libération de Bordeaux, Pierre Bécamps, Hachette Littérature 1974.
Ce livre décrit la libération de Bordeaux sous tous ses
aspects : la montée en puissance de la résistance et le drame de la trahison de
Grandclément avec toutes ses conséquences dues au fait que beaucoup de résistants
nen prirent pas conscience immédiatement ; la répression farouche contre la
résistance et contre les juifs exercée par la gestapo ; lévacuation de
Bordeaux par les Allemands suite aux négociations avec les autorités de
Bordeaux (accord dit Kühnemann Rougès) ; lépuration après la libération.
Ce livre est très complet et permet de comprendre pourquoi Gaston Cusin devait être
particulièrement prudent lors de son arrivée à Bordeaux en mai 1944. On comprend
pourquoi il contacta Maurice Papon qui était membre dun réseau de résistance
orienté vers le renseignement, et avait peu fréquenté le réseau de
Grandclément.
Sur les évènements doctobre 1961 à Paris, et sur la
guerre dAlgérie
Police contre FLN, le drame d'octobre 1961, Jean
-Paul Brunet, Flammarion, 1999.
Ce livre a été écrit après que les archives de la Préfecture de Police de Paris aient
été rendues accessibles aux chercheurs. Contrairement à la présentation du livre par
l'éditeur, qui parle "d'une police à laquelle son patron avait laissé toute
liberté", il montre que la véritable raison du drame d'octobre a été la pression
très forte exercée par le FLN sur la population algérienne et sur la police. En 1961,
sur 291 morts transférés à l'Institut médico-légal de Paris, moins de 30 ont été
tués par la police, et le reste la été par le FLN ; et 20 policiers furent tués
uniquement sur Paris, comme on peut le vérifier sur le monument aux "Victimes du
devoir" de la Préfecture.
Charonne, lumières sur une tragédie, de Jean-Paul Brunet,
Flammarion, janvier 2003.
Jean-Paul Brunet, a été
très attaqué pour avoir démenti toutes les affirmations erronées sur les
manifestations des 17 et 18 octobre 1961. Il consacre le
premier chapitre de ce livre, intitulé : "17 octobre 1961, La construction d'une
légende" à répondre à ses détracteurs et notamment à Jean-Luc Einaudi.
Il y présente toutes les inanités de Jean Luc Einaudi : le fameux rapport de
police qui n'a jamais existé, la liste bidon de disparus et le mythe de la
jeune fille qui a été noyée dans le canal Saint Denis pour être allé manifester, alors
qu'elle habitait un quartier où personne n'avait été averti de cette
manifestation. Jean-Luc Einaudi, membre du parti PCMLF,
Parti communiste marxiste-léniniste de France, a écrit la préface d'un livre écrit par Jacques
Jurquet, un des fondateurs du PCMLF, dont il est un admirateur. Ce Jacques
Jurquet, après avoir chanté les
louanges des Khmers rouges, de Mao TSE-Toung, de Kim Il-Sung et d'Enver Hodga,
a soutenu que les Khmers rouges n'avaient jamais tué personne : il est d'une
variété atypique de négationnistes.
Un tournant de la "Bataille de Paris" : L'engagement de la
Force de police auxiliaire FPA (20 mars 1960).
Rémy Valat, Article
paru dans la Revue d'Histoire : Outre-Mers, 1er semestre 2004, N°342-343
Cet article est accessible sur
INTERNET
Cet article a été réalisé dans le cadre d'un doctorat, à la suite de
l'ouverture des archives. Rémy Valat a aussi obtenu des témoignages de première
main, entre autres, celui du lieutenant-colonel Montaner (capitaine à l'époque), qui
fut un des premiers à penser à créer cette FPA, et qui la commanda, et
celui du colonel Roger Cunibile, ancien chef du Service d'assistance
technique aux Français musulmans d'Algérie (STA-FMA), service qui pouvait
recueillir de nombreux renseignements. Cet article permet de mieux comprendre
l'agressivité du FLN contre cette FPA qui mettait sa suprématie sur les
Algériens à rude épreuve.
Les Calots bleus et la bataille de
Paris, Michalon novembre 2007
Rémy Valat.
Ce livre est l'aboutissement de son
étude sur l'action de la Force auxiliaire de police, la FPA, qui lutta avec
énergie contre le FLN. Cette étude est la plus achevée qui soit disponible en
ce moment, car elle prend en compte des témoignages en les recoupant avec les
archives. Elle a été critiquée, en particulier par Jim House
et par Neil Macmaster parce
que Rémy Valat ne s'est pas limité à reprendre la vulgate, et il est accusé
d'être trop favorable à la FPA. Il a répondu à ces critiques dans un
article disponible sur Internet qui est particulièrement intéressant
Ils venaient d'Algérie, L'immigration algérienne en France
1912-1962, Fayard
Benjamin Stora
Sur les évènements d'octobre 1961, il se contente de
reprendre les dires de Ali Haroun, qui était en charge de la communication du
FLN. C'est tout dire. Mais cette étude reste très intéressante, car elle
permet de comprendre la genèse de la lutte entre le FLN et le MNA. Ce livre est donc très complémentaire de
celui de J.-P. Brunet
La septième wilaya, la guerre du FLN en France 1954-1962, Ali Haroun
Ce livre décrit lorganisation du FLN en France. Certaines informations
confirment celles données par Maurice Papon et celles que Jean Paul Brunet a tirées des
archives. A en croire Ali Haroun, le FLN était un parti démocratique et pacifiste.
Il faut noter qu'Ali Haroun fut membre du Haut Comité
d'Etat, et ministre des Droits de l'Homme (sic), en 1992, quand les
militaires ont pris le pouvoir en Algérie après que le FIS eut gagné les
élections. Ce gouvernement créa une
législation destinée à éliminer ses opposants. Jacques Vergès, dans
son livre : Lettre ouverte à mes amis algériens devenus tortionnaires,
présente un étude comparative du décret du 14 août 1941, par lequel le
gouvernement de Vichy créa les Sections Spéciales, et de celui du 30 septembre
1992, du HEC, qui créa aussi des Sections Spéciales qui permettaient d'envoyer
les opposants dans des camps de concentration situés dans le Sud algérien.
La gangrène et loubli, La mémoire de la guerre
dAlgérie? Benjamin Stora
La découverte/essais
On découvre dans cet ouvrage lampleur de la cabale
montée contre Maurice Papon après les
évènements d'octobre 1961.
LOAS contre De Gaulle, Jacques Delarue.
Ce livre rend compte de la fureur de lOAS, lOrganisation Armée
Secrète, qui assassina de nombreux policiers ou officiers en France et en
Algérie, et qui tenta d'assassiner le général de Gaulle à plusieurs reprises.
Lhistoire des barbouzes, Lucien Bitterlin ; éditions du Palais Royal, 1972
Ces barbouzes, qui nétaient que des colleurs daffiches idéalistes,
focalisèrent la haine de lOAS qui leur attribua cette dénomination. Volontaires du
M.P.C., Mouvement pour la Coopération, créé par Lucien Bitterlin, ils
sinstallèrent dans une villa du quartier dEl Biar, et furent lobjet
dattaques incessantes. Une caisse qui devait contenir une machine pour imprimer les
tracts fut piégée dans les locaux des douanes. Son explosion dans la villa tua 19
barbouzes. Les blessés furent soignés à lhôpital, mais le convoi qui les
ramenait à la villa fut attaqué, et les deux voitures incendiées. Les témoins
dansèrent la farandole autour des voitures pendant que les passagers mourraient. Le
gouvernement décida de rapatrier les survivants en France. Ils eurent 27 tués sur 200.
Ce livre permet aussi de se faire une idée de la fureur de L'OAS.
Lucien Bitterlin, apôtre infatigable de lamitié des peuples, a coordonné la
création dun ouvrage collectif en 1996 : Lantiracisme dans tous ses
débats.
Le procès L'affaire
La cabale Le serviteur de
l'Etat Le génocide La
guerre Octobre 61
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Bordeaux Octobre 61 Lui même
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