Jacques Villette: Pour la réhabilitation de Maurice Papon
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L'exploitation du Génocide

 En élargissant le champ d'observation hors de France, on découvre que l’affaire Papon n’est pas isolée, et qu’elle entre dans un ensemble d’actions entreprises en de nombreux pays, par un parti sioniste qui entretient les souffrances des juifs pour les exploiter.

    Suivant le cas et l’influence de la communauté juive dans un pays, ce parti sioniste cherche des avantages moraux et financiers, et tente d’imposer au gouvernement de s’abstenir de toute désapprobation de la politique d’Israël ou, plus encore, des décisions en faveur d’Israël. Il soutient souvent son action par des accusations portées contre des hommes politiques.

    Nous analysons :

La commercialisation du Génocide (source : Norman G. Finkelstein)

    La première utilisation du génocide fut son exploitation commerciale. Des écrivains sans scrupule ont utilisé la sensibilité des juifs à ce sujet en publiant des récits inventés. Puis les réalisateurs de films l’utilisèrent, car cela garantissait le succès commercial. C’était d’autant plus aisé que l’on a connu une époque où les vrais témoignages de victimes se sont multipliés, quand les survivants, arrivés au soir de leur vie, éprouvaient tardivement le besoin de relater leurs souffrances. Ils avaient tant souffert, et étaient si peu nombreux, qu’ils n’avaient pu le faire au retour des camps. Ce fut aussi le temps des célébrations commémoratives du cinquantenaire.

    On est ainsi passé du " Journal d’Anne Frank " à la série télévisée de " l'Holocauste". Il faut remarquer que les vrais témoignages montrent comment, dans l’horreur, un peu d’humanité subsistait entre les victimes, alors que les fausses mémoires et les livres écrits par ceux qui n’ont connu les évènements que par ouï-dire ou par les archives, n’en montrent que le caractère systématique. Cette première période a sensibilisé au sujet, non la génération directement victime du Génocide, mais les générations suivantes, dont on a cultivé et instrumentalisé le deuil.

L’utilisation pour le soutien d’Israël, qui tourne au chantage

    Le principe de cette exploitation a été de démontrer que certains pays n’ont pas fait ce qu’ils auraient dû faire pour punir les responsables du génocide ou pour compenser équitablement le dol subit par les juifs, dans le but d'attirer le soutien dont Israël avait besoin.

    La punition des responsables du génocide a soulevé une approbation générale, car personne n’admettait que ceux qui avaient été condamnés par contumace bénéficient de la protection d’états ou d’organisations, religieuses ou autres. Ce fut l’époque de la poursuite d’Adolf Eichmann, plus tard de Herbert Hagen et Kurt Lischka en Allemagne, et de Klaus Barbie et Paul Touvier en France.

    Simple coup électoral au départ, l’affaire Papon a été reprise par le parti sioniste pour exercer une pression sur François Mitterrand. Cette pression paraissait d’autant plus nécessaire que la politique de Menahem Begin au Liban, n’attirait pas la sympathie. Les attaques contre René Bousquet, ami de François Mitterrand, ont été montées lorsque le Président a entrepris de faire reconnaître Yasser Arafat comme un interlocuteur international.

    Le World Jewish Congress, utilisant la sensibilisation des milieux juifs au problème de l’indemnisation des spoliations, a entrepris une série d’actions qui ont été de véritables chantages[1]. L’étude de Norman Finkelstein a porté sur les chantages en Suisse et en Allemagne, montés par les milieux juifs américains, et n’a pas pris en compte celui exercé sur la France.

Le chantage exercé sur les banques suisses (source : Norman G. Finkelstein)

    De nombreux livres ont d’abord paru sur l’or des juifs, et contre les banques suisses qui auraient conservé les fonds des juifs disparus.

    Le WJC a ensuite exercé sur les banques suisses une telle pression, qu’elles ont accepté la création d’une commission d’enquête pour étudier leurs comptes. En mai 1996, fut établi un " Independent committee of eminent persons " comportant trois représentants de l’association des banques suisses et trois de la "World Jewish Restitution Organisation ", présidé par Paul Volcker, ancien président de la banque de réserve fédérale des USA, qui devait rechercher les comptes en déshérence ayant appartenu à des victimes du Génocide. En décembre suivant, fut établi une "Independent commission of experts ", présidée par Jean-François Bergier qui devait étudier le commerce de l’or entre l’Allemagne nazie et la Suisse. Mais le WJC, sans attendre les résultats des études, et sous la menace d’un boycott des banques suisses par les grandes banques juives et les fonds de pensions américains, réussit à obtenir une indemnité de 1,25 milliards de dollars. Après de nombreuses tractations sur l’utilisation de cet argent, il fut établi qu’un fond de 200 millions de dollars serait créé pour aider des victimes nécessiteuses du génocide. En décembre 1999, environ la moitié de ce fond avait été distribuée. Plus d’un milliard de dollars doivent donc rester aux mains des organisations juives, dont l’ensemble forme ce que Finkelstein nomme " l’industrie de l’Holocauste", pour financer leur pérennité et leurs enseignements.

    In fine, le rapport paru en 1999 du " Independent Committee of Eminent Persons " a établi que le montant total des fonds dormants ayant vraisemblablement appartenus à des juifs victimes des persécutions nazies s’élevait de 170 à 260 millions de dollars. L’imprécision est due au manque d’indication sur les propriétaires disparus, et la détermination de la qualité de juif a souvent été faite uniquement sur la consonance des noms. Les banques suisses se sont donc laissé extorquer plus d’un milliard de dollars US.

Le chantage exercé sur l’industrie allemande

    Le gouvernement allemand avait, après la guerre, entrepris un très important programme d’indemnisation des juifs victimes des persécutions nazies, après des négociations avec le gouvernement israélien. Par exemple les propriétaires de tableaux volés par les nazis, et non retrouvés, avaient été indemnisés[2].

    L’ "industrie de l’Holocauste " a donc dirigé son chantage sur l’indemnisation des travailleurs forcés des pays de l’Est que l’on n’avait pas indemnisés pour cause de guerre froide. Les instances juives américaines ont, là aussi, exercé un chantage qui a fait céder les industries allemandes. Le gouvernement allemand versera 5 milliards de marks, et l’industrie allemande autant. Là aussi, la majorité de cet argent ira aux organisations juives.

    En Allemagne, les industriels ont admis que les sociétés qui avaient employé ces travailleurs forcés n’en avaient tiré aucun bénéfice, tout ayant été détruit par la guerre, et les industries allemandes qui n’existaient pas à l’époque ont été invitées à participer à ce versement.

    Le résultat de ce chantage a provoqué un sentiment de frustration en Allemagne. Le livre de Finkelstein y est devenu le plus vendu. On sait qu’à la fin de la guerre, les pays de l’Est se sont emparés du cinquième du territoire allemand, et que dix millions d’Allemands ont eu 48 heures pour déguerpir. François Mitterrand a demandé à Helmut Kohl de reconnaître la ligne Oder-Neisse avant que la France ne reconnaisse l’Allemagne réunifiée. Il faut espérer que l’Allemagne n’exigera pas de compensations.

Les spoliations des juifs par Vichy et la réparation du dol

    Après la parution en France de nombreux livres sur la spoliation et la déportation des juifs, et sur les défauts de leur indemnisation, des campagnes médiatiques ont été montées contre René Bousquet, François Mitterrand et Maurice Papon. Le Président Jacques Chirac a admis la responsabilité de la France dans le Génocide à la cérémonie commémorative de la rafle du Vel d’hiv du 16 juillet 1995.

    Pour résoudre le problème des restitutions, Alain Juppé a institué, en février 1997, une commission d’étude de la spoliation des juifs et de leur indemnisation. Elle fut présidée par Jean Mattéoli, Président du Conseil économique et social.

    Son rapport général nous apprend que, si la spoliation par Vichy fut très importante, elle se fit dans un cadre administratif très structuré qui laissa des archives très précises, ce qui permit une restitution pratiquement totale quand les personnes lésées avaient survécu[3]. Les restitutions ont été menées plus rapidement et plus complètement que les indemnisations pour dommages de guerre aux non juifs[4].

    Cela a été d’autant mieux accepté par les Français qu’ils étaient très choqués d’apprendre le sort des juifs, et que le montant total de ces spoliations, comparé à celui des pillages économiques et financiers effectués par l’Allemagne, additionné des destructions dues à la Libération, était relativement négligeable. L’amende d’un milliard de francs imposée aux juifs[5] n’a représenté que 2 jours et demi des frais d’occupation que l’Allemagne avait exigés de la France (400 millions par jour).

    Le montant des spoliations a été estimé inférieur à 11 milliards de francs, et le total des spoliations non remboursées à 700 millions de francs (+ou - 20 % ), essentiellement les comptes en déshérence[6].

L’affaire Papon et l’extorsion de fonds pour la commémoration du génocide.

    Les conclusions et recommandations de la commission dite Mattéoli n’étaient pas encore remises au gouvernement lorsque commença le procès de M. Papon. Serge Klarsfeld, son principal instigateur et membre de la commission Mattéoli, avait compris que les revendications pour des compléments d’indemnisation seraient d’autant mieux perçues par les Français que Maurice Papon, fonctionnaire du temps de Vichy et Préfet emblématique du général de Gaulle, serait condamné. On comprend l’acharnement des Klarsfeld pour y arriver et les méthodes extra judiciaires employées, comme les manifestations organisées sur le parvis du Palais de justice de Bordeaux, les attaques contre la magistrature et la campagne médiatique.

    Maurice Papon condamné, le gouvernement Jospin a du négocier avec " L'industrie de l’holocauste ", française et américaine, dans un contexte de chantage, comme en Suisse et en Allemagne.

    Dès avril 2000  le Gouvernement s'est engagé à doter de 2,4 milliards de francs  une fondation " pour la mémoire de l’Holocauste ". En juillet, après la publication du rapport de la commission Mattéoli, une loi a été promulguée pour indemniser ceux dont les parents ont péri à Auschwitz. Ils recevront 180 000 francs chacun : étant 3500, cela représentera 630 millions de francs, ce qui correspondrait aux indemnités non versées aux familles disparues. Cette compensation permettra à ceux qui ont perdu leurs parents, d’aider leurs enfants, et tous les Français l’admettront, encore que on ne comprend pas pourquoi les enfants de Résistants tués n'y ont pas droit. Cette somme, prise sur les 2,4 milliards ne représente qu'un quart des sommes attribuées, le reste sera utilisé par les associations juives pour influencer l’opinion française en faveur d’Israël.

    En janvier 2001, le sous secrétaire au Trésor américain , Stuart Eizenstat avalise l'accord et les associations juives américaine ne pourront plus poursuivre les banques françaises devant une juridiction américaine. 

Conclusion

    En comparant les méthodes de "l’Industrie de l’Holocauste " dans les trois pays, on retrouve le même schéma. Des études importantes du dol subit par les juifs ont été demandées pour en déterminer les compensations, mais leurs résultats n'ont pas été pris en compte. Il ne s’agissait que de justifier des chantages étayés par les banques juives américaines et les fonds de pension[7]. En France, pour faire accepter le principe d’une indemnisation plus importante, il était important d’obtenir au moins une condamnation d’un homme politique important. A un moment, Maurice Papon s’est trouvé à la mauvaise place et a été la victime d’un plan qui, vu les intérêts mis en jeu, le dépassait complètement. C'est Stuart Eizenstat qui a clos cette étape de l'affaire Papon. Mais ceux qui ont étudié les évènements de Bordeaux pendant la guerre savent que la communauté sioniste n’a pas choisi la bonne cible, et que cela se retournera contre elle.

NOTA BENE (décembre 2004) : Depuis la rédaction de cette page, le livre de Stuart Eizenstat, Une justice tardive, apporte un éclairage pertinent sur ces chantages. Il explique comment lui même et l'administration Clinton ont oeuvré pour modérer l'arrogance des institutions juives américaines et celle des avocats américains. Il tente de justifier, au moins en partie, toutes ces actions américaines.   

Notes :

[1] - Le site INTERNET www.wjc.org.il est particulièrement instructif.

[2] - Après un accord entre Pierre Mendès France et K. Adenauer, la loi BEG (Bundesenschaedigunggestz) fut adoptée en 1954, pour l’indemnisation pour les objets pillés par les nazis. Une loi BRüG (Bundesrückrukersttadugsgeszsetz, loi fédérale de restitution) de 1957, plusieurs fois amendée, institua les WGA (Wiedergutmachungsämter, offices de restitution) qui travaillèrent avec le FSJU (Fond social juif unifié) et d’autres associations juives. (source : le rapport de la commission Mattéoli)

[3] - Les remboursements sur les comptes bancaires et les comptes titres étaient aisés, car les spoliations étaient bien identifiées. (Rappelons qu’en France, les banques n’ont pas le droit de garder des comptes non mouvementés, et doivent en verser les fonds sur des comptes ouverts à la CDC, Caisse des dépôts et consignations).

Les fonctionnaires avaient souvent fait traîner les choses sous Vichy et, à la Libération, 80 % des ventes d’immeubles appartenant à des juifs n’étaient pas encore totalement exécutées. Pour les ventes quasi forcées d’entreprises dans le cadre de " l’arianisation ", l’ordonnance du 21 avril 1945 permit d’en accélérer l’annulation.

Les familles victimes des spoliations importantes étaient le plus souvent françaises, et avaient rarement été entièrement déportées, ce qui rendit les restitutions rapides. Il reste que de nombreux comptes, de montant faible, appartenant à des juifs étrangers, n’ont pu être restitués, les familles ayant été anéanties. Par exemple, le caissier du camp de Drancy, qui ne se doutait pas du sort des juifs, ouvrit 7411 comptes à la CDC, représentant un total de 10 693 562 francs. Seulement 2,5 % des comptes purent être restitués à des ayants droit, représentant 10 % du montant total.

[4] - Les juifs ont été indemnisés à double titre : par l’indemnité forfaitaire pour le mobilier, que pouvaient demander tous les sinistrés par spoliation, pillage ou bombardement (Les juifs pouvaient y prétendre sur une simple déclaration sur l’honneur) ; ils pouvaient, en plus, demander des compensations à l’Allemagne pour les pillages, en particulier pour les d'objets d’art.
     Juste après la guerre, la France était ruinée, et les disparitions ou destructions d’objets de luxe, bijoux ou œuvres d’art, n’ont été pas indemnisées comme dommages de guerre.
    Au total, les restitutions et indemnisations des spoliations ou dols divers dus au gouvernement de Vichy ont été effectuées partout où cela a été possible. Les pillages d’appartements ont été bien dédommagés par l’Allemagne. Les taux d’indemnisation ont, dans l’ensemble, été supérieurs à ceux atteints pour les Français pour tous les dols subits : prisonniers de guerre, déportation, travail forcé, bombardements…

[5] - Le gouvernement remboursa les prélèvements effectués sur les comptes bancaires des juifs pour le payement de l’amende d’un milliard infligée par les Allemands (loi du 16 juin 1948). Là aussi, dans de nombreux cas les juifs n’ont pas demandé la restitution des comptes les moins importants. Il faut noter que le gouvernement français a remboursé, dans ce cas, des spoliations qui avaient été ordonnées par les Allemands.

[6] - Curieusement, le rapport compte comme n’ayant pas été restitué le montant des ventes par les Domaines des objets dont les propriétaires n’avaient pas été identifiés, alors que ceux-ci en avaient été indemnisés par ailleurs. Ce montant de 200 millions de francs n’est pas ici pris en compte dans le total (700 millions) des spoliations non restituées.

[7] - Paul Volcker et Jean Mattéoli ont eu l’impression d’avoir été manipulés.

© Jacques Villette, Paris 2001

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