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Lettre Pastorale de M. Le Grand Rabbin de France
ISAÏ SCHWARTZ
(extrait)
Vichy, le 3 juillet 1941
"L'honneur du Judaïsme
commande de nous conformer aux dispositions de la loi sur le recensement des
juifs. Ne pas se déclarer comme Juif dans les circonstances présentes est à
considérer comme une tentative de dissimuler sa religion et son origine, de
désavouer tacitement ses ancêtres et ses frères. Plus que jamais, nous avons
à nous réclamer du nom d'Israël. Parce que le judaïsme est dans l'épreuve,
le devoir de chacun de ses enfants est de se serrer plus étroitement autour de
lui et de supporter en commun la souffrance commune."
Remarques : Cet extrait est repris du livre
de Michel Cohen, fils de Joseph Cohen qui était Grand Rabbin de Bordeaux
pendant la guerre.
Il a écrit ce livre après le procès de Maurice Papon pour expliquer que
l'évêché
de Bordeaux n'avait pas aidé son père dans sa fuite lors de la tentative
d'arrestation par la Gestapo, comme Henri Terrisse le
prétend dans son livre sur Bordeaux pendant la guerre. Il donne un extrait plus
long de la lettre pastorale, pour justifier l'attitude de son père qui, en 1941, a incité ses coreligionnaires à aller s'inscrire sur la liste des
juifs.
Il reproduit, à la virgule près, le texte que son père
avait présenté dans son "Journal d'un Rabbin, Extraits" sur la période de
l'occupation.
Curieusement, il explique qu'il
doit à sa sœur Sarah d'avoir pu retrouver une grande partie de sa
mémoire. Il n'était pas à Bordeaux pendant une partie de la guerre mais dans
un maquis, en particulier au moment de la tentative d'arrestation de son père. Il a donc témoigné au procès de Bordeaux, sous serment, des
souvenirs de sa sœur.
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