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L'Holocauste dans la vie américaine

Par Peter Novick. Traduit par Pierre-Emanuel Dauzat. Editions Gallimard, 2001.

    Cette étude est capitale pour le sujet qui nous occupe. Elle montre l'utilisation forcenée de l'holocauste  aux USA par les associations sionistes pour sensibiliser l'opinion américaine au sort d'Israël et obtenir un soutien inconditionnel à la droite israélienne.
    L'objectif initial de l'auteur a été d'essayer de comprendre pourquoi, après être littéralement resté sous silence jusqu'à la fin des années 60, le souvenir de l'Holocauste a  pris cette place obsessionnelle dans la vie américaine.

   Si pendant la guerre, les associations juives n'ont pas insisté auprès de Roosevelt pour que les USA portent secours aux juifs d'Europe, ce fut par crainte d'alimenter l'antisémitisme américain qui, avant la guerre, était plus développé que l'antisémitisme français. Les association juives américaines privilégiaient alors le sionisme. Il leur paraissait alors plus important de créer un refuge permanent pour les juifs en Israël que de les protéger contre une vague d'antisémitisme qui, vue des USA, n'était qu'une de plus. Novick présente toutes les contres vérités qui ont été servies au public sur cette époque par des auteurs orientés par le sionisme. Contrairement à ce qui est souvent soutenu par les sionistes, personne n'a jamais pensé que le bombardement des camps d'extermination ne puissent être d'une utilité quelconque, et les dirigeants juifs ne l'ont jamais demandé. Il semble que seul Churchill ait envisagé un bombardement symbolique qui n'a jamais été effectué.

   Après la guerre, la communauté juive garda un profil bas car la grande affaire aux USA était alors la lutte contre le communisme, et il était bien apparu que la majorité des juifs européens, héritiers des luttes contre le tsarisme et la droite polonaise, étaient très portés vers le communisme. Ainsi les USA accueillirent d'anciens nazis susceptibles de les aider dans la guerre froide, mais aussi des "personnes déplacées" qui étaient juives et qui avaient survécu en se réfugiant en URSS. Le terrorisme juif en Palestine n'attirait pas les sympathies. La France aida à la naissance d'Israël alors que les anglo-saxons tentèrent de s'y opposer. Ce n'est que lorsque Israël fut supposé être en danger face aux pays arabes, surtout face à l'Egypte que l'on supposait être sous influence communiste, que les organisations juives entreprirent l'exploitation à grande échelle de l'Holocauste aux USA. Il faut rappeler que l'accusation portée par le Général de Gaulle contre Israël après la guerre de 1967, de se lancer dans une guerre de conquête, impressionna alors beaucoup le monde juif, même en France.

   La montée en puissance de l'exploitation de l'Holocauste commença au début des années 60 avec le procès d'Eichmann, et la pièce de théâtre "le Vicaire", et atteignit son paroxysme en 1978 avec la présentation de la série télévisée "Holocauste". En 1979, Jimmy Carter décida de créer le Holocaust  Mémorial Council, qui succédait à la commission présidentielle. Le chef des conseillers en politique intérieure de Jimmy Carter était alors Stuart Eizenstadt qui imposera plus tard l'accord de Washington à Lionel Jospin.