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Jerzi Koninski
L’oiseau Bariolé
, Le livre de
poche 1979
Titre original : The Painted Bird 1963
Autres éditions : J’ai lu N° 270, réédition en
cours.
Ce roman présente les tribulations d’un enfant juif
orphelin dans un pays peuplé de paysans polonais dépravés et brutaux. Quand
le petit juif n’est pas le témoin d’horreurs perpétrées par les affreux
polonais, il est témoin d’autres crimes commis par des allemands. Le style
est très enlevé et efficace.
Ce roman, présenté comme autobiographique, eut un
énorme succès aux USA et rendit rapidement son auteur célèbre. Lancé, il
écrivit d’autres romans réalistes qui se lisent bien. Mais sa mère, qui
était restée en Pologne, protesta et expliqua que la famille avait passé la
guerre chez de braves gens qui les avaient recueillis malgré tous les risques
que cela leur faisait courir. Ce fut le modèle de ce que Finkelstein appelle
" The Holocaust Industry ", l’exploitation de la douleur
des juifs, ou de la douleur réinventée, et la multiplication des survivants de
l’Holocaust.
Dans l’édition de 1979, le roman est précédé d’une
longue préface dans laquelle l’auteur excuse la duperie en expliquant qu’elle
ne fut pas de son fait, mais montée par les éditeurs pour faire vendre le
livre :
" Parce que je me considérais uniquement comme
un conteur, la première édition de L’oiseau bariolé ne contenait qu’un
minimum d’informations sur moi et je refusai d’accorder la moindre
interview. Pourtant cette position même créa un conflit. Des écrivains, des
critiques et des lecteurs bien intentionnés recherchèrent des faits pour
étayer leurs affirmations selon lesquelles le roman était autobiographique.
Ils voulaient m’attribuer le rôle de porte-parole de ma génération, et
surtout de ceux qui avaient survécu à la guerre ; mais pour moi, la
survie est une action individuelle qui donnait au survivant le droit de ne
parler qu’en son propre nom. Des faits concernant ma vie et mes origines ne
devaient pas, tel était mon sentiment, servir à tester l’authenticité du
livre, pas plus qu’à encourager les lecteurs à lire L’oiseau bariolé. "
Dont acte !
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