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Jean-Luc Einaudi
La
bataille de Paris Octobre 1961, Seuil
1991
Octobre
1961, un massacre à Paris, Fayard
2001
Des contributeurs à la rédaction des articles de Wikipedia en réfèrent
trop souvent aux écrits de Jean-Luc Einaudi alors qu'il est si facile d'en démontrer
le caractère polémique et sectaire. Dans son deuxième livre, page 26, il
reproche à Maurice Papon de ne pas avoir répondu aux questions de Claude
Bourdet :
«Est-il
vrai que dans la cour d'isolement de la Cité une cinquantaine de manifestants
arrêtés apparemment dans les alentours du boulevard Saint Michel sont morts ?»
Plus loin :
«Dans
les milieux de la presse ─ et non de la presse de gauche mais dans les rédactions
des journaux d'information ─ on parle de cent cinquante corps retirés de
la Seine entre Paris et Rouen. Est-ce vrai ou n'est-ce pas vrai ? »
Je ne sais pas si Maurice Papon a répondu
mais je sais qu'aucun historien n'apporte son crédit à ces affirmations de
Claude Bourdet.
Le premier à avoir réellement étudié les
dossiers de la Préfecture de police de l'année 1961 fut Jean-Paul Brunet.
Malgré qu'il fut assez prévenu contre Maurice Papon[1],
comme le prouve ce qu'il avait écrit auparavant, il arriva à des conclusions
complètement différentes de celles de Jean-Luc Einaudi qu'il exposa dans son
livre Police contre FLN, le drame
d'octobre 1961, sans se priver de condamner la violence de la police. Déjà
le titre prouve qu'il avait compris que ce fut une lutte entre la police et le
FLN et non une lutte contre les Algériens.
Bien sûr Jean-Luc Einaudi a contredit
Jean-Paul Brunet, mais dans son deuxième livre : Charonne,
lumières sur une tragédie, celui-ci consacra le premier chapitre "17
octobre 1961 La construction d'une légende" à répondre à Jean-Luc
Einaudi. Il y stigmatise toutes les inanités de Jean-Luc Einaudi : le fameux
rapport de police qui n'a jamais existé, la liste bidon de disparus et le mythe
de la jeune fille qui a été noyée dans le canal Saint Denis pour être allé
manifester, alors qu'elle habitait un quartier où personne n'avait été averti
de cette manifestation, et il enfonce le clou. Prenons pour exemple, dans
l'ordre chronologique, la polémique sur le nombre de morts.
1.
Einaudi avait repris dans son premier livre une affirmation parue
dans la publication Vérité-Liberté
dans laquelle sévissait Pierre Vidal-Naquet : "Les services de
l'inspection générale de la police[2]
estiment à 140 le nombre des morts à la suite de la manifestation du 17
octobre". L'information lui serait parvenue par Maurice Laval, de France-Observateur.
2.
Jean-Paul Brunet entreprit une vérification de cette affirmation
qu'il supposait très exagérée[3],
et il en déduisit qu'elle était fausse.
3.
Jean-Luc Einaudi contre attaqua alors dans son nouveau livre octobre
1961, en accusant Jean-Paul Brunet d'être totalement orienté en faveur de
la Police et il expliqua qu'il avait réussi à identifier la personnalité très
proche de Maurice Papon qui en aurait été à l'origine : Henry Estingoy qui était
chargé de mission dans le cabinet de Maurice Papon.
4.
Jean-Paul Brunet demanda à Henry Estingoy de confirmer qu'il était
bien la source de cette information. Ce dernier nia totalement et précisa qu'il
avait toujours conservé déférence et estime pour Maurice Papon malgré le
procès de Bordeaux[4].
Gérard Monate démentit aussi des témoignages que Jean-Luc Einaudi lui
avait attribués[5].
Jean-Luc Einaudi, membre du parti PCMLF, Parti communiste marxiste-léniniste
de France, a écrit la préface d'un livre écrit par Jacques Jurquet, un des
fondateurs du PCMLF, dont il est un admirateur. Ce Jacques Jurquet, après avoir
chanté les louanges des Khmers rouges, de Mao TSE-Toung, de Kim Il-Sung et d'Enver
Hodga, a soutenu que les Khmers rouges n'avaient jamais tué personne : il est
d'une variété atypique de négationniste.
Se référer aux écrits de Jean-Luc Einaudi pour construire Wikipedia est
attentatoire à la réputation de cette encyclopédie.
[2]
Jean-Luc Einaudi : La bataille de Paris.17
Octobre 1961, paru en 1991.
[3]
Jean Brunet, Police contre FLN, page 16 : il compare le nombre supposé de morts
du FLN aux armées de Xerxès.
[4]
J.P. Brunet, Charonne, Lumière sur une tragédie, page
et 20
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